L'étonnant cadeau du président malien à Jean-Yves Le Drian

AMITIE Un clin d’œil à ceux qui se mettent en « colère »... 

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à Gao le 25 février 2017

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à Gao le 25 février 2017 — STRINGER / AFP

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, le « M. Afrique » de François Hollande, a fait ses adieux dimanche à au continent. Le ministre est parti sur un message, « ne rien céder » face au terrorisme, et un conseil pour son successeur, la « patience ».

La patience, c’est aussi le message subliminal que le président malien Ibrahim Boubacar Keïta lui a lancé en lui offrant vendredi une petite chaise basse sculptée. Un clin d’œil à ceux qui se mettent en « colère », se lèvent trop vite et se tapent la tête au plafond, lui a expliqué en substance « IBK ».

Dernière tournée 

Souvent, le ministre de la Défense n’a pas mâché ses mots, demandant à son homologue malien de faire plus, plus vite pour mettre en œuvre les accords de paix de 2015 au nord.

Pour cette dernière tournée, le ministre, d’ordinaire plus retenu, n’a pas caché non plus son émotion. « Ah quitter Bamako..», a-t-il soupiré en repartant.

A son successeur - sur le nom duquel il se refuse à « spéculer » - le ministre conseille de poursuivre « la grande avancée de Barkhane », c’est-à-dire la mise en place de forces mixtes contre le terrorisme entre cinq pays du Sahel.

Retour en Bretagne

« Barkhane, c’est une mission compliquée mais qui donne des résultats », a-t-il affirmé. Il faudra partir « non pas au gré des humeurs » mais quand les cinq pays du G5 Sahel assureront eux-mêmes leur sécurité, estime-t-il.

Pourrait-il, in fine, être son propre successeur si Emmanuel Macron l’emportait, comme cela se murmure dans l’entourage du candidat du centre à la présidentielle du printemps ?

« A un moment donné on a dit que j’allais être le ministre de la Défense d’Alain Juppé (candidat malheureux à la primaire de la droite). Maintenant on le dit de Macron », s’amuse-t-il.

« Je vais retourner en Bretagne. Le 19 mai ce serait bien, c’est la fête de la Bretagne ! », a esquivé le ministre, également président de la région.