A Bali, deux conceptions s'affrontent

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Publié le 14 décembre 2007.

REVUE DE PRESSE – Sans se prononcer en faveur ou non de la conférence de Bali, les journaux américains insistent sur l’opposition entre les Etats-Unis et l'Union Européenne…

«L’Union Européenne menace de boycotter les discussions sur le climat; Gore blâme les Etats-Unis». Le titre se lit sur plusieurs articles de presse américaine. Car sans se prononcer en faveur ou non de la conférence de Bali, et de ses enjeux, les journaux américains insistent sur l’affrontement entre deux positions ambivalentes.

Ligne de conduite américaine

A commencer par «USA Today» qui ne comprend pas la position européenne, estimant que les Etats-Unis ont fait des efforts. «Les nations européennes ont menacé, jeudi, de boycotter les discussions sur le climat, le mois prochain, malgré le compromis accordé par l’administration Bush pour une «feuille de route» pour une réduction des gaz à effet de serre», affirme le journal.

En outre, «USA Today» souligne que d’autres pays partagent la ligne de conduite américaine: «Les Etats-Unis, le Japon, la Russie et plusieurs autres gouvernements ont refusé d’accepter un document suggérant que c’est aux nations riches de réduire leurs émissions de 25 à 40%, pour 2020, arguant que des objectifs chiffrés limiterait le champ des discussions à venir.» A savoir la conférence du 30 et 31 janvier, à Honolulu (Hawaï), où les Etats-Unis ont convié 16 nations, dont la France.

Signer un accord, même vide

Selon le «New York Times», cette tension est due en partie à l’intervention d’Al Gore, récemment nobélisé pour son documentaire sur le réchauffement climatique, qui a déclaré : «Mon propre pays, les Etats-Unis, sont les principaux responsables de l’impasse, à Bali.»

«CNN» préfère voir le verre à moitié plein et insiste sur la poursuite des négociations, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour tenter d’aboutir à un accord.

Pour le «LA Times», la délégation américaine voit Bali comme un commencement et pas une fin. «Elle a noté que la conférence marquait le début de négociations pour un nouveau pacte sur le climat, pas la fin», souligne le journal. «Nous n’avons pas à résoudre tous les problèmes ici, à Bali», a ainsi déclaré Paula Dobriansky, à la tête de la délégation des Etats-Unis.

Deux conceptions temporelles s’affrontent ainsi: celle des Etats-Unis, pour qui 2012, année d’échéance du protocole de Kyoto, est encore loin. Et celle de l’Union européenne, pour qui 2012 doit se préparer bien en amont pour être sûr d’être prêt. Pour l’heure, la première urgence de Bali est de signer un nouvel accord qui contenterait le plus de monde. Même si le texte est dépourvu d’objectifs chiffrés, donc d’engagements précis.
Sandrine Cochard
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