POLITIQUE - Le colonel libyen a condamné les attentats en Algérie...
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est revenu à l’Elysée mercredi en début d’après-midi, pour rencontrer une nouvelle fois Nicolas Sarkozy. Mais de quoi ont-ils bien pu parler?
Des attentats d'Alger
Un sujet abordé par Nicolas Sarkozy selon l'Elysée. Il a «recommandé vivement» à Mouammar Kadhafi, lors de leur deuxième entretien à l'Elysée, de «condamner publiquement» les attentats d'Alger, mais le «guide» libyen lui a rappelé qu'il avait eu au téléphone le président Abdelaziz Bouteflika.
Le président Sarkozy a dit à Mouammar Kadhafi «qu'il était important qu'il fasse ce geste, lui qui a soutenu les mouvements de libération dans les années 70 et 80, qui a tourné le dos au terrorisme et qui aujourd'hui lutte aux côtés d'autres puissances, notamment occidentales, contre le terrorisme», a rapporté David Martinon, porte-parole de l'Elysée.
Dans la soirée, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a qualifié «d'actes condamnables» les sanglants attentats mardi à Alger et a déclaré que les membres d'Al-Qaïda étaient des «criminels» lors d'un discours mercredi à Paris.
Des Droits de l’homme
C’est la polémique qui empoisonne l’Elysée. Nicolas Sarkozy a-t-il parlé des Droits de l’homme à Mouammar Kadhafi? Oui, assurent le secrétaire général de la présidence Claude Guéant et le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, qui affirment en avoir été témoins.
Non, répète à de nombreuses reprises Mouammar Kadhafi. «J'ai l'impression que Nicolas Sarkozy, sentant que ça se passe mal, a hâte que ça se termine», a estimé mercredi le président du groupe PS à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault.
Des droits des immigrés
C’est la riposte de Mouammar Kadhafi aux attaques sur les Droits de l’homme. A l’Unesco, mardi après-midi, il a tapé fort: «Avant de parler des Droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits». «Les Africains immigrés sont considérés comme des marginaux, des nécessiteux. Ils expriment leur colère parfois par la violence, allument des incendies», a-t-il ajouté, dans une apparente allusion aux violences dans les banlieues en France. Pas sûr qu’il soit sur la même longueur d’onde que Nicolas Sarkozy, qui a parlé de racaille et de voyoucratie.
Des «propos assez pitoyables» de Kadhafi
C'est ainsi que Bernard Kouchner a qualifié à l'Assemblée nationale la sortie de Mouammar Kadhafi à l'Unesco. Alors que la gauche a critiqué la «mascarade» de la visite du «guide» libyen, Bernard Kouchner l'a justifié au nom d'une «diplomatie de la réconciliation».
Des contrats
Face aux nombreuses critiques, Nicolas Sarkozy a insisté sur
les retombées commerciales de la visite du «guide» libyen, qu'il a évaluées à 10 milliards d'euros de contrats. Mais, il s'agit dans certains cas de la finalisation d'accords déjà conclus, et dans d’autres, de simples accords de négociation exclusive, sans contrat garanti.
P. K. (d'après AFP)