Les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués en novembre 2013 à Kidal, au Mali
Les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués en novembre 2013 à Kidal, au Mali - RFI

Vengeance, problème dans le versement des rançons… Y a-t-il un lien entre la libération des otages enlevés à Arlit au Niger en 2013 et l’assassinat des deux journalistes de RFI  au Mali ? Une enquête diffusée jeudi soir sur France 2 accrédite pour la première fois la thèse d’une connexion entre ces deux affaires.

Les deux reporters français, Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, kidnappés au cours d’un reportage en 2013 auraient été abattus en représailles à un problème dans le versement des rançons des otages d’Arlit au Niger, selon le reportage Otages d’Etat qui a été réalisé pour le compte de l’émission Envoyé Spécial.

Abdelkrim le Touareg à l’origine des deux affaires

Leurs exécutions avait été revendiquées, dès le lendemain, par Abdelkrim le Touareg, un des principaux dirigeants d’Al-Quaïda au Maghreb islamique (Aqmi). « L’assassinat des journalistes est le minimum de la facture que le président François Hollande et son peuple doivent payer », soulignait alors le texte de revendication. Ce même Abdelkrim le Touareg, qui sera tué par les forces spéciales françaises en mai 2015, est aussi impliqué dans l’enlèvement de cinq Français, un Malgache et un Togolais en septembre 2010 à Arlit au Niger. Les quatre derniers d’entre eux ont été libérés le 29 octobre 2013.

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Le terme « facture » intrigue les journalistes d’Envoyé Spécial d’autant qu’une rançon « d’au moins 30 millions d’euros » venait d’être versée, selon leur enquête, pour la libération des quatre otages d’Arlit. « Cette transaction aurait-elle fait quelques mécontents ? », s’interrogent-ils.

Un problème dans le versement des rançons

Selon Envoyé Spécial, une partie de la rançon ne serait pas arrivée à ses destinataires. Trois millions d’euros n’ont pas été « décaissés », affirme l’un des négociateurs Pierre-Antoine Lorenzi devant la caméra. « Certaines rumeurs ont couru au Nord-Mali selon lesquelles la somme qui avait été donnée (…) était incomplète, il manquait de l’argent dedans. Cela a mis en fureur un des lieutenants d’Abou Zeid (un des chefs d’AQMI) », autrement dit Abdelkrim, renchérit Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE.

Selon plusieurs sources d’Envoyé Spécial, Sidan Ag Hitta, l’un des lieutenants aux ordres d’Abdelkrim le Touareg, aurait aussi demandé, dans le cadre des négociations d’Arlit, que ses neveux emprisonnés à Bamako pour prise d’otage soient libérés. En vain.

Dans un communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi, France Médias Monde (qui regroupe RFI et France 24) « souhaite que la justice se saisisse des éléments révélés dans le documentaire d’Envoyé Spécial ». Le cabinet du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et l’état-major se sont refusés à tout commentaire, arguant de l’enquête judiciaire en cours à Paris.

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