INTERVIEW - Guillaume Soulez, sémiologue, spécialiste de la rhétorique, directeur de collection à L’Harmattan décrypte la cacophonie gouvernementale au sujet de la venue de Kadhafi...
Guillaume Soulez, sémiologue, spécialiste de la rhétorique, directeur de collection à L’Harmattan décrypte la cacophonie gouvernementale au sujet de la venue de Kadhafi.
Rama Yade explique que «la France n’est pas un paillasson», Bernard Kouchner n’oublie «ni les emprisonnés, ni les arrêtés, ni ceux qui ont disparu»… Le gouvernement ne parle pas d’une seule voix au sujet de Mouammar Kadhafi…
C’est un peu la cacophonie. Cela avait déjà été le cas lors de la polémique sur les tests ADN. A l’époque, Fadela Amara avait exprimé une opinion qui n’était pas celle du gouvernement. Sa prise de position était apparue comme tout à fait normale. Cette fois, on sent que les choses sont un peu différentes, un peu plus tendues: Rama Yade a été convoquée tout de suite à l’Elysée, ce qui n’était pas le cas lors des tests ADN.
Certains voient une communication organisée?
C’est toute la question, et on manque encore d’éléments pour répondre. Il faudra bien étudier ce qui va se dire dans les prochains jours pour voir si cette cacophonie est réelle, ou bien si c’est une façon d’exprimer des opinions différentes. Ce qui permettrait de ménager tout le monde. Mais est-ce le cas? Il faut rester très prudent. On ne sait pas encore si des conséquences vont être tirées dans les prochains jours, où à l’occasion d’un éventuel remaniement en janvier.
Pour autant, Nicolas Sarkozy peut-il reprocher à Rama Yade de défendre les droits de l’homme alors qu’il l’a nommée secrétaire d’Etat aux droits de l’homme?
Le cas de Rama Yade est intéressant, car il y a deux légitimités qui s’opposent : celle d’appartenir à un gouvernement, et celle de sa fonction ministérielle. Si elle n’avait rien dit, cela aurait été pire, elle n’aurait pas rempli sa fonction.
Propos recueillis par Pierre Koetschet