BELGIQUE - Le leader flamand a comparé la RTBF à Radio Mille Collines...
Décidément, Yves Leterme a bien du mal a ne pas être en haut de l’affiche.
Alors que le roi a chargé Guy Verhofstadt, qui a perdu les dernières élections, de réfléchir à la formation d’un nouveau gouvernement,
le leader flamand a à nouveau dérapé samedi.
Dans les journaux flamands, Yves Leterme, qui a tenté en vain de former un gouvernement de coalition belge pendant près de six mois, a expliqué que dans certains milieux flamands, on surnommait l
a RTBF «Radio Mille Collines» tellement ses émissions étaient perçues comme anti-flamandes.
«Outrageants», «inadmissibles» ou malheureux
«Radio Mille Collines» avait appelé en 1994 au massacre des Tutsis au Rwanda. Un génocide qui avait fait 800.000 victimes, ce qui n’a tout de même pas grand-chose à voir avec la situation belge.
Une attaque qui lui a valu
un torrent de protestations des leaders et des médias francophones. Ils ont qualifié ses propos
d'«outrageants», «inadmissibles» ou malheureux.
«Une certaine approche tendancieuse»
Lundi, Yves Leterme faisait évidemment machine arrière: «Non! Je ne n'ai pas fait cette comparaison. J'ai simplement noté que, la semaine dernière, certains collègues politiques --et non des moindres-- ont noté que ce que faisait la RTBF, cela commençait à ressembler à une certaine approche tendancieuse».
«Quelqu'un a fait la comparaison entre "Radio Mille Collines" et la RTBF: bien sûr la gravité des faits au Rwanda est sans aucune comparaison. Mais je trouve un peu dérangeant qu'on essaye de donner constamment une caricature des positions flamandes quant à l'avenir du pays», a expliqué Yves Leterme.
Une nouvelle alliance?
Difficile de prendre les circonvolutions du leader flamand pour argent comptant, tant Yves Leterme n’en est pas à son coup d’essai.
Il s’était déjà embrouillé sur les hymnes nationaux belges et français, et s'était demandé si les francophones n'étaient pas dans «l'incapacité intellectuelle» de parler le néerlandais.
D’autant que le coup a tout d’une provocation pour revenir sur le devant de la scène. Lundi, Yves Leterme a profité de son retour au premier plan pour proposer d'élargir le futur gouvernement aux socialistes.
P. K. (avec AFP)