DIPLOMATIE - François Fillon est à Buenos Aires pour une série d'au moins six entretiens avec des dirigeants des pays d'Amérique latine…
Nouvelle offensive française pour libérer Ingrid Betancourt. Après le
message vidéo de Nicolas Sarkozy aux Farc, c’est au tour du Premier ministre français François Fillon de lancer lundi à Buenos Aires de grandes manoeuvres diplomatiques.
Six entretiens
Il doit entamer à 13h20 (françaises), avec la présidente chilienne Michelle Bachelet, une série d'au moins six entretiens bilatéraux prévus dans la journée avec des dirigeants des pays d'Amérique latine. Il s’entretiendra ensuite avec le Bolivien Evo Morales, le Colombien Alvaro Uribe, le Brésilien Luis Inacio Lula da Silva, le Vénézuélien Hugo Chavez, et enfin la présidente argentine récemment élue Cristina Kirchner. D'autres pourraient s'ajouter à la liste en dernière minute.
François Fillon compte demander à chacun son implication personnelle en faveur de la libération de la plus célèbre des 3.000 otages de la guérilla des Farc, après que le président Nicolas Sarkozy eût affiché son volontarisme sur le sujet ces derniers jours.
Il compte insister sur l'aspect d'«urgence humanitaire» de la démarche française, lancée immédiatement après une vidéo montrant Ingrid Betancourt, détenue depuis 2002 dans la jungle colombienne, extrêmement lasse, déprimée et amaigrie.
Appui collectif
«Laisser Ingrid Betancourt dans la forêt colombienne, laisser l'oubli s'installer serait un crime, et la France ne veut pas participer à ce crime», a-t-il lancé dimanche soir dans une allocution à l'ambassade de France.
François Fillon, confie-t-on de source française, estime que tous les chefs d'Etat de la région ont un intérêt commun à tenter de sauver l'ex-candidate à la présidentielle colombienne de 2002: un éventuel décès aurait un effet désastreux pour l'image du continent.
Le Premier ministre espère que cet appui collectif, qu'il a déjà obtenu dimanche soir de la part des époux Kirchner, permettra d'abord d'augmenter la pression sur la guérilla.
Le gouvernement français promet qu'en cas de libération de Mme Betancourt, il restera auprès des parties en présence pour tenter de trouver une solution au sort des autres otages.
Sa. C. avec AFP