Des soldats maliens patrouillent sur les lieux où a été commis l'attentat, à Gao, le 18 janvier 2017.
Des soldats maliens patrouillent sur les lieux où a été commis l'attentat, à Gao, le 18 janvier 2017. - Yacouba Cisse/AP/SIPA

Un coup dur pour le processus de paix. Un attentat suicide visant des combattants de groupes armés signataires de l’accord de paix au Mali a fait près de 60 morts mercredi à Gao. Les combattants, appartenant à la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), ou à des groupes armés pro-gouvernementaux, se préparaient pour des patrouilles mixtes prévues par l’accord de paix. Ces patrouilles sont censées préfigurer la refonte d’une armée malienne unitaire.

L’attaque a été revendiquée par le groupe du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le groupe identifie l’auteur de l’attentat comme « Abdelhadi al-Foulani », indiquant son appartenance à l’ethnie peule, dans un communiqué diffusé par l’agence mauritanienne Al-Akhbar, et SITE, centre américain de surveillance des sites djihadistes.

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Sans doute plus de 50 morts

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l’histoire récente du Mali. Dans une allocution télévisée, il a annoncé au moins 60 morts et 115 blessés, sans préciser si ce bilan incluait le ou les auteurs de l’attentat.

Le gouvernement malien a fait état de « 5 kamikazes » parmi les tués, mais dans sa revendication, le groupe du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Aqmi depuis plus d’un an, n’a cité qu’un auteur. Il l’a identifié comme « Abdelhadi al-Foulani », indiquant son appartenance à l’ethnie peule, dans le communiqué publié par Al-Akhbar et SITE.

Selon une source militaire au sein de la Minusma, « le kamikaze est venu dans un véhicule et s’est fait exploser ». Les combattants des différents groupes « devaient commencer bientôt une patrouille mixte », a souligné cette source. Des corps ont été déchiquetés et des membres projetés par l’explosion, très puissante, qui s’est produite pendant une séance d’entraînement des combattants, selon un témoin.

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La médiation internationale et les parties signataires de l’accord ont condamné dans un communiqué « un attentat lâche et meurtrier commis par les ennemis de la paix », assurant que cet « acte barbare » ne les détournerait pas de l’application de l’accord. De son côté, François Hollande a condamné l’attentat qui a frappé « les forces regroupées pour participer au processus de patrouilles mixtes dans le nord du pays », réaffirmant « le plein soutien de la France à la mise en œuvre des accords de paix » au Mali.

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