Conflits d'intérêts: Les assurances de Trump n'ont pas convaincu le chef de l'éthique

ETATS-UNIS Donald Trump « doit céder ses parts» dans son empire, estime le Bureau pour l’éthique gouvernementale...

M.C. avec AFP

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Donald Trump à Palm Beach, le 28 décembre 2016. AP Photo/Evan Vucci, File

Donald Trump à Palm Beach, le 28 décembre 2016. AP Photo/Evan Vucci, File — Evan Vucci/AP/SIPA

Des mesures « insignifiantes » qui plongeront l’administration Trump dans « une controverse permanente ». Le directeur du Bureau pour l’éthique gouvernementale aux Etats-Unis a jugé que les garde-fous annoncés mercredi par le président élu pour empêcher d’éventuels conflits d’intérêts entre la présidence et son entreprise familiale étaient insuffisants. Donald Trump « doit céder ses parts. Rien d’autre ne permettra de résoudre ces conflits », a estimé Walter Shaub.

« Le plan annoncé par le président ne remplit pas les normes suivies par les personnes qu’il a nommées à son gouvernement, ni par chaque président depuis quatre décennies », a noté le directeur de l’Office of Government Ethics, lors d’une conférence de presse à l’Institution Brookings.

« Je ne pense pas que vendre [ses parts] serait un prix trop élevé pour le président »

Walter Shaub a souligné que tous les présidents américains depuis Jimmy Carter avaient suivi une norme établie par une loi de 1978, adoptée dans la foulée du scandale du Watergate, en plaçant leurs actifs dans des structures juridiques dites « blind trust », à la gestion indépendante, ou en limitant leurs investissements dans des avoirs sans risque de conflit d’intérêts comme des fonds mutuels. « Non, je ne pense pas que vendre [ses parts] serait un prix trop élevé pour le président des Etats-Unis », a conclu le directeur.

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Le milliardaire a confirmé mercredi qu’il cédait le contrôle du groupe familial à ses fils Eric et Donald Jr., mais il n’a pas l’intention de vendre ses parts. Celles-ci seront placées dans un « trust » (fonds fiduciaire) qui n’est pas « aveugle » (sans droit de regard).

« Le président Trump ne peut pas ne pas savoir qu’il possède la Trump Tower »

L’avocate qui a présenté le plan lors d’une conférence de presse à New York mercredi, Sheri Dillon du cabinet Morgan Lewis, a répondu de façon préventive aux critiques en expliquant que la vente des parts du magnat dans son empire n’était pas faisable.

Selon elle, vendre la marque Trump sans conserver le droit de collecter des royalties mènerait à une vente au rabais. « On ne peut demander au président élu Trump de détruire l’entreprise qu’il a construite », a-t-elle dit.

Quant au blind trust, « on ne peut pas avoir un vrai blind trust avec des entreprises qui opèrent », a dit la juriste. « Le président Trump ne peut pas ne pas savoir qu’il possède la Trump Tower », a-t-elle expliqué pour souligner qu’une gestion indépendante de l’empire Trump n’empêcherait pas le président de conserver un intérêt dans le succès du groupe qui porte son nom.