Clocher d'une église, illustration.
Clocher d'une église, illustration. - Jim Kahnweiler/SUPERSTOCK/SIPA

215 millions de Chrétiens souffriraient d’exactions liées à leur religion dans 50 pays où leur situation est particulièrement problématique. Dans ces Etats, un tiers de la population concernée serait victime de brimades fortes à extrêmes.

Entre le 1er novembre 2015 et le 31 octobre 2016, ces persécutions auraient été de plus en plus fréquentes en Asie, où elles seraient d’ailleurs sur le point de rejoindre le niveau des phénomènes observés en Afrique et au Moyen-Orient.

Au moins 1.173 personnes tuées

C’est ce qu’indique le rapport annuel sur le sujet rendu public ce mercredi et rédigé par Portes ouvertes, une ONG protestante néerlandaise. « La persécution des chrétiens augmente d’année en année », affirme-t-elle, sur la base d’informations de terrain, recoupées avec d’autres données.

1.173 personnes de religion chrétienne auraient été tuées l’an dernier « pour des raisons liées à leur croyance », un chiffre qui témoigne d’une nette amélioration dans ce domaine, puisque 7.100 Chrétiens avaient trouvé la mort lors de la période précédente.

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Corée du Nord, Somalie, Afghanistan…

« Les crises très violentes qui ont impacté les chiffres en 2015 ont diminué en intensité, soit parce que les groupes extrémistes sont en repli, soit parce que les chrétiens sont déjà morts ou ont déjà fui la zone », analyse l’organisation hollandaise.

L’index mondial de persécution des chrétiens 2017 précise également que, pour la 16e année consécutive, c’est en Corée du Nord que les exactions sont les plus importantes. Viennent ensuite la Somalie, l’Afghanistan, le Pakistan et le Soudan. Avec 695 tués, le Nigeria reste quant à lui le pays où la mortalité chrétienne est la plus élevée.

225 victimes dans les autres pays

Les nations ne faisant pas partie des Etats pris en compte dans l’index ont tout de même vu 225 Chrétiens mourir sur leurs territoires. Deux de ces victimes sont décédées en France : Le Père Jacques Hamel, égorgé en juillet dernier par deux djihadistes à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) et un migrant iranien tué dans le camp Grande-Synthe (Nord) en décembre 2015 au cours d’une agression dont sa « conversion au christianisme est à l’origine ».

Depuis l’année dernière, Portes ouvertes constate que la « persécution violente » des Chrétiens par les djihadistes au Moyen-Orient et en Afrique s’est désormais transformée en « oppression au quotidien ».

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Situation préoccupante en Asie

Mais c’est en Asie que les spécialistes ont noté l’un des changements les plus préoccupants, avec « le retour d’un nationalisme hindou ou bouddhiste qui fait que les minorités, notamment les chrétiens, sont ciblées », précise le directeur de Portes ouvertes France, Michel Varton.

Sur un an, le Yémen est cependant le pays où les persécutions ont le plus augmenté, avec des chrétiens « pris entre deux feux », sunnites pro-saoudiens d’un côté et chiites Houthis de l’autre.

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