Les négociations franco-libyennes sur le nucléaire et les armes auraient été décisives pour la libération des infirmières bulgares

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Publié le 6 décembre 2007.

OTAGES - C'est ce qu'affirme l'ancien émissaire européen en Libye…

Les autorités françaises auraient-elles menti? L'ex-émissaire européen en Libye a affirmé jeudi que les négociations Paris-Tripoli sur les armements et le nucléaire avaient été décisives pour la libération des infirmières bulgares. «L'élément décisif a été la disponibilité de la France à se prêter à une discussion, fondamentale pour le colonel Kadhafi», a déclaré Marc Pierini à l'Assemblée nationale, devant la commission d'enquête parlementaire sur les conditions de cette libération.
    
Le chef de l’Etat et son gouvernement ont pourtant affirmé à plusieurs reprises qu'il n'y avait eu «aucune» contrepartie à cette libération. Le conseiller diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte, a également nié la semaine dernière devant cette commission que les accords signés à Tripoli lors de la visite de Sarkozy, le 25 juillet, aient été liés à la libération des ex-otages.
    
La France répondait-elle «aux attentes» de Tripoli?
 
Paris et Tripoli avaient conclu un mémorandum d'entente sur le nucléaire civil et plusieurs accords de coopération, notamment dans le domaine militaire. Peu après, un contrat de ventes d'armes entre le groupe européen EADS et la Libye était annoncé.
 
Marc Pierini a expliqué aux députés français que les autres Etats européens impliqués dans le processus de libération comme la Grande-Bretagne ou l'Italie ne répondaient pas «aux attentes» de Tripoli. «Tout au long de cette affaire», Tripoli a demandé la libération du Libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi, emprisonné en Ecosse pour l'attentat de Lockerbie (270 morts en 1988), qui «a toujours fait l'objet d'un refus» de Londres. Cette revendication «ne pouvant aboutir, la Libye a regardé ailleurs», a-t-il estimé. «Le colonel Kadhafi connaît très bien» le chef du gouvernement italien Romano Prodi, mais «Prodi n'a pas de centrale nucléaire à vendre», a-t-il ajouté.
 
Cécilia Sarkozy, «indispensable» à la négociation
    
Marc Pierini, promu ambassadeur de l'UE à Ankara, a participé à tout le processus qui a permis la libération le 24 juillet des 5 infirmières bulgares et du médecin palestinien incarcérés depuis 1999 et condamnés à mort sous l'accusation d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens.
 
Il a indiqué avoir signé le 15 juillet à Tripoli un accord d'indemnisation d'un montant de 460 millions de dollars, précisant que cette somme a été «avancée» par la Libye. Pour l'instant, seule la Bulgarie a contribué, pour 56,6 millions de dollars, au remboursement. Il a révélé n'avoir aucune trace d'une contribution du Qatar, alors que celle-ci avait évoquée dans cette affaire. Il a insisté sur le rôle de Cécilia, ex-épouse du président français, tout en soulignant que Bruxelles n'avait pas été informé de son premier voyage à Tripoli le 12 juillet. «Je n'étais pas du tout partie prenante à cette discussion, mais il était tout à fait clair pour moi qu'elle était un ingrédient tout à fait indispensable» aux yeux du colonel Kadhafi «pour clôturer cette affaire».
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