La Russie est affirmative. Elle n’a pas de « dossiers compromettants » sur Donald Trump, a déclaré le Kremlin ce mercredi. Il s’agirait purement et simplement d’une « falsification totale » destinée à saper les relations avec Washington.

Pourtant, selon des allégations non confirmées venues de Russie, Moscou se vanterait d’être en possession d’informations compromettantes sur la vie privée de Trump, ainsi que sur ses activités économiques. Le mémo affirme également qu’un échange d’informations a eu lieu pendant la campagne présidentielle entre l’entourage du candidat républicain et Moscou.

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« Chasse aux sorcières »

Alors que Donald Trump prend officiellement ses fonctions le 20 janvier, l’affaire est suffisamment sérieuse pour qu’un résumé de deux pages ait été inclus dans le rapport présenté à Donald Trump et Barack Obama par les chefs du renseignement américain vendredi dernier, selon CNN.

Mardi soir, Trump a réagi sur Twitter, tout en majuscules : « FAUSSES INFORMATIONS. UNE CHASSE AUX SORCIERES POLITIQUE TOTALE ».

Cela fait un moment que des rumeurs circulent dans les cercles politiques et journalistiques. Mais l’article de CNN est notamment signé par Carl Berstein, l’un des deux journalistes qui avaient révélé l’affaire du Watergate, ce qui apporte un certain poids à l’enquête. Le fait que ce résumé ait été présenté à Donald Trump, Barack Obama et plusieurs responsables du Congrès souligne l’importance accordée à ces documents par le renseignement américain.

Buzzfeed a publié en intégralité le dossier de 35 pages. Le site note toutefois qu’il contient clairement des erreurs, et qu’il faut donc le lire avec le plus grand doute. Voici ce que l’on sait à ce stade.

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La source est un ancien agent britannique

Le rapport provient d’un dossier « d’opposition research » sur Donald Trump compilé par un ancien agent du MI6 (renseignement britannique). Ce dernier, qui travaille aujourd’hui dans le privé, a été embauché par des donateurs soutenant des adversaires de Trump durant la primaire républicaine, puis des démocrates ont repris le bâton.

Déployé en Russie dans les années 90, l’agent a gardé des contacts sur place et a contacté le FBI à Rome en août 2016. De son côté, le sénateur républicain John McCain a également obtenu une copie du rapport qu’il a fait suivre au directeur du FBI, James Comey, le 9 décembre 2016.

L’avocat de Trump dément certaines informations

Le rapport contient des détails de nature sexuelle dont l’authenticité est pour l’instant invérifiable. Selon le mémo, les services secrets russes possèdent « assez d’éléments pour faire chanter Trump en cas de besoin ».

Mais la partie la plus explosive concerne des accusations sur un échange d’informations qui aurait eu lieu entre la campagne de Trump et des intermédiaires du gouvernement russe, selon le mémo. Le rapport affirme non seulement que la Russie est derrière le piratage des emails du parti démocrate et du directeur de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton mais que l’opération de diffusion via WikiLeaks a été menée « avec le soutien et l’approbation de Trump et de cadres de son équipe ».

Dans la soirée, l’avocat de Tump, Michael Cohen, a toutefois affirmé qu’il ne s’était jamais rendu à Prague, ce qui remet en cause certains éléments du rapport.

Des sénateurs démocrates demandent une enquête

Mardi, des élus démocrates ont directement interpellé le directeur du FBI à ce propos, lors d’une audition. « Est-ce que le FBI a enquêté sur ces relations présumées, et qu’a-t-il trouvé ? », a demandé le sénateur démocrate Ron Wyden. James Comey a refusé de répondre, expliquant qu’il ne pouvait pas le faire lors d’une session publique.

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En décembre, le professeur de sciences politiques Chris Edelson avait indiqué à 20 Minutes que « s’il était avéré qu’il y a eu collusion » entre la Russie et la campagne de Donald Trump pour influencer l’élection américaine, une procédure de destitution ne serait pas à exclure. On n’en est pas là, mais la conférence de presse de Donald Trump, mercredi, promet d’être tendue.