Barack Obama sera un jeune retraité engagé

ETATS-UNIS Après huit ans à la Maison Blanche, le président, 55 ans, fait ses adieux au pays, mardi...

Philippe Berry

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Barack Obama dans sa maison de Chicago, le 8 octobre 2016.

Barack Obama dans sa maison de Chicago, le 8 octobre 2016. — P.SOUZA/MAISON BLANCHE

Il va devoir « aller sur LinkedIn pour voir ce qu’il y a sur le marché ». Certes, Obama plaisantait l’été dernier, devant de jeunes entrepreneurs. Mais mardi, il tire sa révérence pour de bon avec des adieux qui se tiennent là où tout a commencé : à Chicago. Et s’il entretient le mystère sur sa reconversion, le président américain ne compte pas profiter d’une retraite dorée (200.000 dollars annuels, quand même), à tout juste 55 ans. Ni se mettre à la peinture comme George W. Bush.

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Le combat pour la justice sociale continue

Il a indiqué que c’était sa priorité. Alors qu’il a commencé sa carrière dans l’associatif comme « community organizer », Obama veut mettre l’accent sur l’éducation « et aider les jeunes à trouver un emploi » en développant l’activité économique dans les quartiers défavorisés. Il compte également peser sur la réforme de la justice car il juge le système américain « imparfait et inégal », surtout envers les minorités. Alors qu’Hillary Clinton le verrait bien un jour à la Cour suprême, l’intéressé n’est pas attiré par la vie « monastique » de juge.

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Médias, Silicon Valley, Obama a l’embarras du choix

Comme tous les autres présidents avant lui, Obama va évidemment écrire un livre. Selon les estimations du New York Times, cela pourrait lui rapporter entre 15 et 30 millions de dollars. Selon des sources de Mic, il songerait également à une carrière dans les médias et le numérique. La Maison Blanche a toutefois démenti, même si Obama a souligné à plusieurs reprises la nécessité de s’attaquer à la désinformation en ligne.

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Alors qu’Obama revendique son statut de « nerd », la Silicon Valley pourrait bien lui faire les yeux doux. S’il a montré qu’il réfléchissait à l’impact de l’intelligence artificielle sur la société et l’emploi, il serait surprenant de le retrouver au Conseil d’administration de Uber ou d’Amazon, comme certains anciens de son gouvernement. Un ex-président s’attaque à des problèmes globaux. Phillip Ardoin, professeur de sciences politiques à l’université d’Appalachian Sate, le résume : « Barack Obama va surtout œuvre à consolider son bilan et sa place dans l’histoire. »