VIDEO. Piratages russes: Obama reconnaît avoir «sous-estimé» leur impact

ETATS-UNIS « Nous devons être vigilants » pour les prochaines élections, notamment en France, estime le président américain...

M.C. avec AFP

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Barack Obama à Washington, le 6 janvier 2017.

Barack Obama à Washington, le 6 janvier 2017. — Shutterstock/SIPA

Barack Obama fait son mea culpa. Le président américain a reconnu dimanche avoir « sous-estimé » l’impact qu’une campagne de piratages pouvait avoir dans les démocraties, deux jours après un rapport des services de renseignement américains sur l’ingérence de la Russie dans la campagne électorale.

Dans une interview à la chaîne ABC, le dirigeant en fin de mandat a toutefois nié avoir sous-estimé son homologue russe Vladimir Poutine, qui selon les espions américains a orchestré cette campagne d’attaques informatiques et de manipulation des médias destinée à favoriser l’élection de Donald Trump au détriment d’Hillary Clinton, ce que le Kremlin dément.

« Nous devons être vigilants » pour les élections en France

« Mais je pense avoir sous-estimé la manière dont, dans cette nouvelle ère d’information, il est possible pour la désinformation, les attaques informatiques et ce genre de choses d’avoir un impact sur nos sociétés ouvertes, pour s’insinuer dans nos pratiques démocratiques », a déclaré Barack Obama, estimant en outre que cette tendance s’accélérait.

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Barack Obama, qui prononcera son discours d’adieu mardi à Chicago, a noté que parmi les pays alliés des Américains faisant partie de l’Otan, plusieurs comme la France tiendraient des élections prochainement : « Nous devons être vigilants », a-t-il dit.

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Selon un rapport publié vendredi par les services de renseignement américains, l’objectif de la campagne russe de désinformation et de piratages était de saper le processus démocratique américain, d’affaiblir une éventuelle présidence Clinton, et d’augmenter les chances de victoire du milliardaire populiste en dénigrant Hillary Clinton.

Trump est « quelqu’un, je pense, qui ne manque pas de confiance en lui »

Donald Trump a reçu vendredi les chefs du renseignement américain, mais s’il a accepté l’idée que Moscou ait pu prendre part aux piratages informatiques qui ont ciblé le parti démocrate, il nie que la Russie ait pu avoir un quelconque impact sur les résultats de l’élection, en rappelant que les systèmes électoraux eux-mêmes n’ont pas été piratés.

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Barack Obama a estimé que ses discussions avec son successeur « ont été cordiales. Il a été ouvert à des suggestions », a-t-il dit, décrivant Donald Trump comme « très charmant et sociable ». « J’ai apprécié nos échanges. C’est quelqu’un, je pense, qui ne manque pas de confiance en lui », ce qui est probablement « une condition préalable pour ce travail ».

Le 44e président des Etats-Unis a toutefois averti son successeur qu’il y avait une différence entre faire campagne et gouverner, et qu’il ne pourrait pas gérer la présidence « de la même manière que vous gérez une entreprise familiale ». Barack Obama pense également que Donald Trump « n’a pas passé beaucoup de temps à fignoler les détails » de sa politique, un point qui « peut être à la fois une force et une faiblesse ».