Le fauteuil de Barack Obama à la Maison Blanche.
Le fauteuil de Barack Obama à la Maison Blanche. - P.SOUZA/WHITE HOUSE

Tout avait pourtant bien commencé. Lors de leur première rencontre officielle, le 10 novembre, Barack Obama évoque « une excellente conversation » et promet de « tout faire » pour aider Donald Trump à réussir. Ce dernier qualifie le tête-à-tête de « grand honneur » puis jure, quelques jours plus tard : « Je m’entends très bien avec le président Obama. Je l’apprécie beaucoup. » Mais entre les mesures de dernière minute prises par le sortant, les interférences de Trump sur la politique étrangère et les attaques personnelles, six semaines plus tard, le ton a bien changé.

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Sur la scène internationale, une voix de trop

La tradition, comme le rappelle Julian Zelizer, professeur d’histoire politique à Princeton, c’est qu’il n’y a en général « qu’un seul président à la fois ». Lors de la passation de pouvoir de 2008, considérée comme un exemple de réussite, Barack Obama avait travaillé avec l’administration de George W. Bush sur la crise financière, mais il avait gardé le silence sur l’offensive israélienne dans la bande de Gaza. « Cette année, c’est bien plus chaotique », estime Chris Edelson, professeur de sciences politiques à l’American University de Washington. « Donald Trump a provoqué la Chine et a tweeté en faveur d’une course à l’armement nucléaire, c’est du jamais vu. » Il a également appelé les Etats-Unis à utiliser leur veto à l’ONU contre la résolution sur les colonies israéliennes, juré que « les choses seraient différentes » après son investiture, avant de tweeter : « Reste fort, Israël, le 20 janvier [date de sa prise de fonction] arrive vite. »

Ce jeudi, juste avant qu’Obama annonce des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée sur l’élection américaine, Donald Trump a déclaré qu’il était temps de « passer à autre chose ».

Au niveau domestique, Obama veut protéger son bilan

Alors qu’ils s’apprêtent à tirer leur révérence, leur place dans l’histoire est l’obsession de tous les présidents sortants. Comme ses prédécesseurs, Obama a dégainé une série de mesures destinée à protéger son bilan ou, comme le titre le Boston Globe, à le « Trump-proofer ». Il a utilisé une vieille loi pour interdire les nouveaux forages en Arctique, publié un décret pour défendre le financement public de l’avortement et ordonné le transfert de 19 des 69 derniers détenus de Guantanamo.

Ces « mesures de minuit », comme elles sont appelées aux Etats-Unis, sont courantes. Ronald Reagan et Bill Clinton, notamment, s’en sont donné à cœur joie. Donald Trump et le Congrès disposent cependant d’un arsenal législatif pour les combattre. Mais cela prend souvent du temps, et l’espoir d’Obama, c’est que Trump n’effectuera qu’un seul mandat.

Les attaques personnelles se multiplient

Jusqu’à récemment, Barack Obama avait tenté de rester dans la position d’arbitre impartial. Il a expliqué qu’il n’a pas davantage insisté sur l’ingérence russe début novembre car il ne voulait pas être accusé d’avoir fait « pencher la balance » en faveur de Clinton. Depuis, il a durci le ton et cela « agace particulièrement » Donald Trump, selon des sources de Politico.

Dans son appel à la réconciliation et à la tolérance, depuis Pearl Harbor, il a également indirectement critiqué le président élu. Enfin, il a estimé, un peu gratuitement, qu’il aurait sans doute battu Trump s’il avait été candidat. L’intéressé a répondu sur Twitter, évidemment : « Le président Obama a fait campagne personnellement et il a perdu. »

Mercredi, il a encore critiqué les « déclarations incendiaires » du président, l’accusant « d’entraver » la transition. Mais après un coup de téléphone, ce jeudi, tout va mieux. « C’était une très bonne conversation, la passation de pouvoir se déroule sans accroc », a lancé Trump. Allez, plus que trois semaines, et il sera seul sur le trône.

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