Le président Duterte imite la prise de drogue, le 19 décembre 2016.
Le président Duterte imite la prise de drogue, le 19 décembre 2016. - Han Guan/AP/SIPA

Violences, aveux de meurtres, insultes… Six mois jour pour jour après son investiture au poste de Président des Philippines, c’est peu dire que Rodrigo Duterte a réussi à marquer les esprits et à attirer l’attention du monde entier avec ses déclarations à la limite de la légalité. 20 Minutes en a sélectionné cinq qui résument mieux que n’importe quel bilan son premier semestre à la tête de son pays.

Il traite Barack Obama de « fils de pute »

Champion de la diplomatie. Le 5 septembre, le nouveau Président des Philippines prend la parole lors d’un sommet de l’Association des nations de l’Asie du sud-est (Asean). En apprenant que Barack Obama veut l’entretenir des droits de l’homme, il s’emporte à la tribune et traite le Président américain de « fils de pute ». Réaction immédiate des États-Unis, qui annulent la rencontre prévue entre les deux chefs d’Etat. Mais il faut croire que Barack Obama n’est pas rancunier : les deux Présidents se sont rencontrés brièvement deux jours plus tard.

Il affirme avoir jeté un homme d’un hélicoptère

C’est sa dernière déclaration choc en date. Le 29 décembre, dans le cadre de sa lutte sans-merci contre la corruption, l’ancien avocat a menacé les fonctionnaires. « Si vous êtes corrompus, j’irai vous chercher en hélicoptère à Manille et je vous jetterai dans le vide. Je l’ai déjà fait, pourquoi ne pas recommencer ? »

Une déclaration qui a alerté la justice. Rodrigo Duterte est déjà poursuivi par la Commission des droits de l’homme de son pays pour trois meurtres qui auraient été commis du temps où il était maire de la ville de Davao. Des exécutions supposées « montrer l’exemple » aux policiers lors d’une opération de police d’après lui.

Il loue les performances du Viagra

« Je ne peux pas imaginer ma vie sans Viagra », a confié Rodrigo Duterte pendant sa campagne, peu avare de confessions sur sa vie sexuelle. « Je prends du Viagra et je l’ai bien dure », a-t-il reconnu. Le sulfureux Président a même proposé de décerner un prix au laboratoire Pfizer, à l’origine de la commercialisation de ce médicament.

Il se compare à Hitler

« Hitler a massacré trois millions de Juifs.  En ce moment, il y a quoi… Trois millions d’accros à la drogue ? Je serais ravi de les massacrer aussi. » Pendant son mandat de maire de Davao, il avait déclaré une guerre totale aux trafiquants de drogue.

Rodrigo Duterte poursuit sa mission à l’échelle de l’Etat. Dans ce contexte de répression, des « justiciers » ont entendu l’appel. Des cadavres sont quotidiennement retrouvés dans les rues de Manille, une pancarte autour du cou : « Je suis un dealer de drogues, ne m’imitez pas. »

Il veut fixer un quota d’exécutions quotidiennes

Le Président propose de tuer « cinq à six criminels » par jour grâce au rétablissement de la peine de mort, abolie en 2006. Sa proposition sera examinée par le parlement au début de l’année 2017. Une proposition en cohérence avec sa campagne, pendant laquelle il avait promis de tuer 100.000 criminels.

Une formalité pour l’ancien maire de Davao, soupçonné d’avoir dirigé « les escadrons de la mort », qui ont causé la mort d’un millier de personnes. Une accusation reconnue par Rodrigo Duterte, puis rapidement démentie.

Malgré ces déclarations, le Président philippin reste très populaire dans son pays. Les habitants disent se sentir plus en sécurité dans les villes. Le Philippin veut aussi faire progresser les droits : il soutient la cause homosexuelle et les droits des femmes dans ce pays à 80 % catholique. Son mandat de six ans s’achèvera en 2022.

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