La crise en Israël et les Etats-Unis est loin d'être la première

DIPLOMATIE La colonisation des territoires palestiniens a souvent été un sujet de tensions entre les deux pays...

20 Minutes avec AFP

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Obama et Netanyahou  lors d'une rencontre à Washington en 2014.

Obama et Netanyahou lors d'une rencontre à Washington en 2014. — SIPANY/SIPA

A écouter Benjamin Netanyahu et Donald Trump, la crise actuelle entre Israël et l’administration Obama est sans précédent, et tout ira mieux après le 20 janvier et l’investiture du président élu. Mais depuis plus de 40 ans, les deux alliés traversent régulièrement des crises diplomatiques.

1975, le clash sur le Sinaï

L’un des accès de tension les plus forts remonte à 1975, quand les Etats-Unis pressent Israël de se retirer de la péninsule du Sinaï, qu’il occupe depuis la guerre des Six jours en 1967. Sans accord de paix global avec l’Egypte, Israël refuse. Le président américain Gerald Ford informe le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin que Washington va réévaluer les relations bilatérales. Les Etats-Unis stoppent leurs livraisons d’armes à Israël, qui acceptera finalement de se désengager progressivement du Sinaï en 1979, avec l’accord de paix avec l’Egypte.

1982, Reagan s’oppose à la colonisation

L’ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies déclare que la colonisation n’est « absolument pas nécessaire à la sécurité d’Israël ». Ronald Reagan, lui, ne la considère pas comme illégale mais comme « mal avisée et provocatrice ».

1987, une affaire d’espionnage

Les relations subissent un coup sévère en 1985 avec l’arrestation de Jonathan Pollard pour espionnage au profit d’Israël. Pollard, analyste de la marine américaine, est condamné en 1987 à la prison à perpétuité aux Etats-Unis pour avoir transmis à Israël des informations classifiées.

La crise ne se résorbe qu’avec la promesse d’Israël de mettre un terme à toutes ses activités d’espionnage sur le sol américain.

1990, le désaccord sur le processus de paix

La coopération entre l’administration du président George Bush et le Premier ministre Yitzhak Shamir commence de manière abrupte. Le secrétaire d’Etat de M. Bush, James Baker, rudoie le partenaire israélien au sujet des conditions qu’Israël pose pour faire la paix avec les Palestiniens, notamment autour de la colonisation.

« Tout le monde là-bas (en Israël) devrait savoir que le numéro de téléphone (de la Maison Blanche), c’est 1-202-456-1414 (...) Quand vous voudrez vraiment la paix, appelez-nous », dit-il.

En 2010, le camouflet pour Biden

Israël provoque un tollé en 2010 en donnant, en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, son autorisation à 1.600 logements dans une colonie ultra-orthodoxe de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par l’Etat hébreu. L’échec d’une nouvelle initiative de paix américaine en avril 2014 tend encore les rapports, compliqués par l’absence notoire de sympathie entre MM. Netanyahu et Obama.

2015, Netanyahu défie Obama devant le Congrès

En mars 2015, la dégradation se poursuit quand M. Netanyahu défie la réprobation américaine en allant prononcer un discours sur l’Iran devant le Congrès américain.

2016, querelle sur la colonisation

En décembre 2016, les relations dégénèrent en crise ouverte à la suite du refus des Etats-Unis – le premier depuis 1979 – d’imposer leur veto pour bloquer une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la colonisation israélienne.

Benjamin Netanyahu et ses ministres dénoncent en termes virulents la responsabilité directe de Barack Obama et de John Kerry, le secrétaire d’Etat. Le Premier ministre israélien va jusqu’à convoquer l’ambassadeur des Etats-Unis à Tel-Aviv Daniel Shapiro pour dénoncer l’attitude des Etats-Unis qui n’ont pas bloqué l’adoption d’une « résolution biaisée et honteuse ». Mercredi, John Kerry a de nouveau dénoncé « la menace des colonies » pour la paix, estimant qu’elles mettaient en « grave danger » la solution à deux Etats, un israélien, un palestinien et suscitant une nouvelle fois l’ire de Netanyahu.

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