Le développement des biocarburants met en danger la production agricole

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Publié le 4 décembre 2007.

ENVIRONNEMENT - Des experts mettent en garde contre les graves problèmes d’alimentation...

«Le monde mange davantage qu'il ne produit. On est en train de réduire les stocks. Leur épuisement sera atteint prochainement.» Un constat sans appel, et plutôt effrayant, de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) qui a présenté mardi un rapport inquiétant à Pékin.

«Le système mondial alimentaire a des problèmes. Les questions qui se posent sont d'autant plus graves qu'elles menacent les plus pauvres», a expliqué le directeur général de l’Ifpri, Joachim von Braun. Les prix des aliments ont augmenté ces derniers mois comme jamais depuis plus de 30 ans, frappant de plein fouet les plus démunis.

Malnutrition des populations pauvres

Le développement des biocarburants est la principale raison de cette flambée des cours des céréales, affectant les pays importateurs nets comme la Chine et la quasi-totalité des pays d'Afrique. Selon les projections de l'institut basées sur les plans actuels de développement de la bioénergie, le prix du maïs augmentera encore de 26% d'ici à 2020, celui des oléagineux de 18%.

Pour des plans deux fois plus importants, le cours du maïs bondirait de 72%, celui des oléagineux de 44%.

Une situation qui n’est pourtant pas inédite. «En 1973-1974, le monde avait subi des augmentations de prix aussi fortes» à cause notamment de problème de gestion agricole en Russie et en Europe de l'Est, a expliqué Joaquim von Braun. Un précédent inquiétant: «Le marché s'était rééquilibré en deux ans, mais cela avait miné la nutrition des populations pauvres, notamment des enfants, pour de nombreuses années».

Rareté alimentaire

Les changements climatiques accentueront encore le problème en faisant baisser «significativement» la production, surtout dans les pays en développement comme en Afrique où «l'agriculture se fait avec peu d'intrants et sans irrigation». L’Ifpri estime que «le nombre de personnes malnutries en Afrique sud-saharienne pourrait tripler entre 1990 et 2080.»

Parmi les solutions proposées, l'Ifpri estime indispensable de garder les frontières ouvertes: «Dans un monde confronté à une plus grande rareté alimentaire, les échanges doivent s'intensifier et non se réduire». «Nous devons partager la rareté», a lancé Joachim von Braun.
P. K. (avec AFP)
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