RUSSIE - Les chancelleries occidentales expriment de leur côté leurs doutes sur le déroulement des élections législatives...
Le président français Nicolas Sarkozy a «chaleureusement félicité» son homologue russe Vladimir Poutine pour la victoire de son parti dimanche aux législatives russes, a annoncé lundi le Kremlin dans un communiqué.
Les deux présidents ont «eu un échange de vues sur les questions d'actualité relatives aux relations franco-russes au cours d'une conversation (téléphonique) durant laquelle le président français Nicolas Sarkozy a chaleureusement félicité Vladimir Poutine pour sa victoire aux élections», selon le Kremlin. Une déclaration confirmée quelques heures plus tard par l'entourage de Nicolas Sarkozy.
Félicitations solitaires
Interrogée par 20minutes.fr sur la différence de ton entre cette déclaration et celle de la diplomatie française, l'Elysée n'avait toujours pas répondu lundi soir. En revanche, à 21h, l'Elysée confirmait bien, via une dépêche AFP, que le président français avait bien appeler le président russe pour le «féliciter» de la victoire de son parti.
Poutine a aussi reçu les félicitations de son homologue du Kazakhstan (ex-république soviétique), Noursoultan Nazarbaïev. Ce dernier a estimé que le résultat de ces élections allait «garantir un développement stable de la Russie à l'avenir». Et celles de Bruno Gollnisch. Le vice-président du FN a estimé que les élections russes traduisaient «la renaissance de la fierté russe», et fustigé les «donneurs de leçons occidentaux» qui ont critiqué le manque de démocratie du scrutin.
Des félicitations qui tranchent avec les opinions exprimées par les chancelleries occidentales, dont la France.
La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a souhaité lundi que Moscou fasse «toute la lumière» sur les allégations de fraude lors des législatives de dimanche et a «pris note» des résultats partiels donnant «une large majorité» au parti du président Vladimir Poutine. Contacté par 20minutes.fr, le quai d'Orsay a confirmé ses déclarations, renvoyant à l'Elysée. Qui n'a pour l'instant pas répondu.
«Réserver son jugement»
Le chef de la mission d'observation de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE a critiqué les élections, estimant que leur déroulement n'avait pas répondu aux «critères» de l'organisation. Le Foreign office britannique a fait part de son «inquiétude» face aux allégations d'irrégularités. A Berlin, le porte-parole du gouvernement Thomas Steg a déclaré: «il ne peut y avoir de doute. Si l'on prend en compte nos critères et nos normes, ce n'étaient pas des élections libres, équitables et démocratiques». A Bruxelles, la Commission européenne a dit «réserver son jugement» afin «d'analyser les informations émanant de différentes sources».
De son côté, Garry Kasparov, l'ex-champion d'echecs leader de l'opposition russe, a qualifié le scrutin d'«élections les plus malhonnêtes et les plus sales dans l'histoire moderne de la Russie».
«Farce électorale»
«Cynisme, manipulation, farce électorale»,
la presse et les responsables européens manifestaient également dans leurs premières réactions leur scepticisme après la victoire «douteuse» du parti de Vladimir Poutine aux élections législatives de dimanche en Russie.
Et vous, qu'en pensez-vous? Nicolas Sarkozy a-t-il bien fait de féliciter Vladimir Poutine? Dites-le nous ci-dessous...