VIDEO. Attentat à Berlin: La famille du suspect, lié à des salafistes, sous le choc

ATTENTAT Les autorités allemandes ont confirmé que le suspect recherché depuis mercredi, Anis Amri, était déjà visé par une enquête pour des soupçons de préparation d’un attentat…

V.V.

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La photo du suspect de l'attentat de Berlin diffusée par les autorités allemandes, le 21 décembre 2016

La photo du suspect de l'attentat de Berlin diffusée par les autorités allemandes, le 21 décembre 2016 — AP/SIPA

La chasse à l’homme se poursuit en Allemagne et même dans toute l’Europe. Les autorités allemandes ont confirmé, ce mercredi, rechercher activement un ressortissant tunisien, « classé dangereux » après l’attentat au camion-bélier perpétré, lundi soir, sur un marché de Noël de Berlin et qui a causé la mort de douze personnes selon un dernier bilan. Son nom : Anis Amri.

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« Il y a un nouveau suspect, on recherche ce suspect », a simplement voulu indiquer le ministre de l’Intérieur à la mi-journée. Si Thomas de Maizière a demandé à l’opinion de ne pas « accorder trop de foi aux spéculations » en cours, d’autres responsables politiques n’ont pas hésité à les attiser, et le parquet a fini par dévoiler son identité en fin de journée.

Confirmant les informations circulant dans plusieurs médias allemands, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de la région Rhénanie du Nord – Westphalie, a ainsi expliqué, vers 16 h, que le suspect était visé par une enquête fédérale depuis novembre pour des soupçons de préparation d’attentat. Il aurait ainsi fait l’objet d’un signalement auprès du centre allemand de lutte contre le terrorisme.

Une demande d’asile rejetée

Agé de 24 ans selon le parquet, Anis Amri, qui utiliserait plusieurs identités, aurait été confondu par un document que les enquêteurs ont découvert, dès lundi soir, dans la cabine du camion meurtrier. Il s’agirait d’un récépissé de demande d’asile.

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De fait, le suspect aurait déposé une demande d’asile dans la ville de Clèves, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en avril. Une demande que les autorités auraient rejetée, en juin, en raison justement des soupçons pesant sur lui. Pour autant, l’homme n’avait pas été expulsé, les autorités tunisiennes refusant de confirmer qu’il s’agissait de l’un de leurs ressortissants.

Sa famille sous le choc

En état de choc, la famille d’Anis Amri affirme qu’il avait quitté sa ville pauvre de Tunisie avec l’espoir de trouver une vie meilleure en Europe.

« Il nous contactait via Facebook, il nous disait qu’il voulait rentrer en Tunisie mais qu’il devait avant gagner un peu d’argent (…) Dix jours avant l’attentat, il nous avait dit qu’il comptait rentrer au bled en janvier », indique Walid. C’est la dernière fois que la famille dit avoir été en contact avec lui.

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« Il rigolait (avec nous). Rien ne montrait qu’il ait pu se radicaliser. Je suis sûr qu’il n’a pas commis une chose pareille. Il n’a pas émigré pour ça ! », lance Abdelkader, avant de fondre en larmes en se rappelant qu’Anis a 24 ans ce jeudi.

En lien avec un prédicateur irakien interpellé en novembre

« Il s’agit d’un individu classé dangereux, que les services de sécurité connaissaient et qui appartenait à la scène islamiste-salafiste », a indiqué, de son côté, Stephan Mayer, député (CDU, droite) spécialiste des questions de sécurité.

S’appuyant sur des sources au sein de la police, plusieurs médias ont indiqué que l’homme en question était en lien avec Ahmad Abdulaziz Abdullah A., un prédicateur irakien interpellé en novembre pour avoir tenté de mettre en place une filière d’acheminement de djihadistes vers la Syrie.

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Disposant de plus de 500 indices, les policiers poursuivaient, mercredi en fin de journée, leurs investigations pour tenter de le retrouver. « Etre suspect ne veut pas dire qu’on est l’auteur des faits », a rappelé Thomas de Maizière.

Quatre ans dans les geôles italiennes

De leur côté, les médias italiens ont révélé qu’Anis Amri avait passé quatre ans en prison en Italie entre 2011 et 2015 pour avoir incendié une école. Il a débarqué sur l’île italienne de Lampedusa pendant le Printemps arabe en 2011, « en se déclarant mineur alors qu’il avait 18 ans », rapporte le quotidien turinois La Stampa.

Contactés par l’AFP, les ministères italiens de l’Intérieur et de la Justice, le parquet de Palerme, de même que l’administration pénitentiaire, n’ont pas souhaité faire de commentaire.

Le 24 octobre 2011, il est arrêté avec trois de ses compatriotes après avoir incendié une école, et condamné à quatre ans de réclusion, raconte Il Corriere della Sera. A sa sortie de prison en 2015, il est envoyé au Centre d’identification et d’expulsion (CIE) de Caltanisetta, dans le centre de l’île, où il est frappé d’une mesure d’expulsion.