Finalement, Trump veut attendre d'être élu pour parler de ses conflits d'intérêts

ETATS-UNIS Il a repoussé la conférence de presse qu'il devait tenir jeudi...

Philippe Berry

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Donald Trump en compagnie de sa femme, Melania, et ses enfants Eric, Tiffany et Ivanka, le 26 octobre 2016 à Washington.

Donald Trump en compagnie de sa femme, Melania, et ses enfants Eric, Tiffany et Ivanka, le 26 octobre 2016 à Washington. — M.B.Ceneta/AP/SIPA

Il avait promis qu’il tiendrait une conférence de presse jeudi pour calmer les esprits. Finalement, Donald Trump a changé d’avis. Il ne détaillera les mesures prises pour éviter les conflits d’intérêts entre la gestion de son empire et la présidence des Etats-Unis qu’après avoir été officiellement élu par le collège électoral, le 19 décembre.

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Alors qu’il n’a pas organisé de conférence de presse depuis juillet, Trump a indiqué sur Twitter qu’il se rattraperait « prochainement » pour parler de son business et de son gouvernement.

Sa porte-parole, Hope Hicks, a déclaré sur CNN qu’elle serait organisée « le mois prochain », sans préciser si cela serait avant ou après son investiture du 20 janvier.

Trump forcé de se séparer d’un hôtel ?

Le président élu promet qu’il coupera les ponts avec la Trump Organization avant le 20 janvier, et qu’elle sera alors dirigée par ses fils Donald Jr et Eric. « Aucun nouveau contrat ne sera signé pendant mon mandat », écrit-il, sans fournir de détails. Même si la loi américaine est ambiguë, plusieurs experts en éthique estiment que c’est loin d’être suffisant. Selon eux, pour éviter tout conflit d’intérêts, Donald Trump doit vendre son empire et placer l’argent dans un « blind trust » (fonds fiduciaire sans droit de regard).

Alors qu’il possède des bien immobiliers et des terrains de golf dans une douzaine de pays, c’est finalement un hôtel de Washington qui semble lui poser le plus de problèmes. La Trump Organization n’est en effet pas propriétaire du bâtiment historique de l’ancienne poste, qu’il a transformé en un hôtel de 263 chambres cette année. Il loue les murs au gouvernement fédéral, et donc au contribuable. Selon quatre élus démocrates, l’agence gouvernementale en charge du dossier leur a expliqué que Trump ne pouvait pas être à la fois le locataire et le propriétaire, et qu’il devrait donc se séparer de l’hôtel avant de devenir président. Mais dans la foulée, l’agence a indiqué qu’elle n’avait pas encore rendu son verdict. Bref, tout le monde s’y perd, et les 538 grands électeurs du collège électoral devront donc voter en aveugle, lundi. Vive la démocratie !

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