ELECTION - Alors que la présidentielle au Liban a de nouveau été reportée d'une semaine, au 7 décembre, 20minutes.fr vous propose une galerie de portraits des protagonistes de la crise libanaise...
Alors que la présidentielle au Liban a de nouveau été reportée d'une semaine, au 7 décembre, 20minutes.fr vous propose une galerie de portraits des protagonistes de la crise libanaise.
Un militaire peut en cacher un autre. Le général Aoun – pilier de l’opposition au gouvernement antisyrien de Fouad Siniora – s’imaginait dans le costume présidentiel depuis son retour au Liban en mai 2005. Mais il vient de se faire doubler par un autre général, Michel Sleimane, actuel commandant en chef de l’armée libanaise. Depuis mercredi, le nom de ce dernier est sur toutes les lèvres afin de remplacer le général Emile Lahoud, dont le mandat a expiré il y a tout juste une semaine. L’élection présidentielle, prévue aujourd’hui, a toutefois été une nouvelle fois reportée, au 7 décembre prochain.
Depuis le 24 novembre, le Liban vit donc sans Président, majorité et opposition ne parvenant pas à s’accorder sur le nom du futur chef de l’Etat. Mais depuis septembre, celui de Michel Sleimane (59 ans) est régulièrement revenu sur le tapis. Fort d’une popularité gagnée grâce au retour de l’armée libanaise au Sud-Liban et à sa victoire contre les islamistes à Nahr el-Bared, le commandant en chef de l’armée s’est imposé comme un acteur neutre et impartial dans la vie politique libanaise.
L'opposition en ordre dispersé
Son éventuelle accession à la magistrature suprême butte pour l’instant sur un amendement constitutionnel à voter préalablement par les députés, un général ou un fonctionnaire ne pouvant légalement pas devenir Président. Mercredi, la plupart de ténors de la majorité anti-syrienne se sont prononcés pour l’amendement, lâchant leurs candidats attitrés. De son côté, l’opposition avance en ordre dispersé alors qu’il y a quelques semaines, elle voyait pourtant d’un bon œil la candidature du chef de l’armée. Aujourd’hui, Aoun semble pour, le Hezbollah écartant quant à lui cette possibilité.
Mais qui est exactement le général Sleimane? Militaire depuis le début des années 70, il est devenu commandant en chef de l’armée libanaise en 1998. A son arrivée au palais présidentiel de Baabda il y a 9 ans, le pro-syrien Lahoud avait procédé à toute une série de nominations dans les services sécuritaires, imposant Sleimane pour le remplacer à la tête de l’armée. Beau-frère du porte-parole du président syrien de l’époque (Hafez el-Assad), Sleimane fait donc partie de l’héritage de la tutelle syrienne au Liban, qui a officiellement pris fin en avril 2005 lors du retrait de l’armée syrienne du pays du cèdre. Les conditions de sa nomination à la tête de l’armée apparaissent encore comme un handicap aux yeux de certains pôles politiques.
Mais cette semaine, le cours des «actions Sleimane» a grimpé en flèche. Il a largement occupé le terrain médiatique et a multiplié les contacts politiques et religieux. Certains pays arabes lui font également les yeux doux, comme l’Egypte où il a effectué un voyage officiel il y a un mois. Le général Sleimane président? Une éventualité de plus en plus probable…
De notre correspondant au Liban, David Hury