Ils réclament un « corridor pour assurer l’aide internationale » à Alep-est, assiégée depuis plusieurs semaines par les forces de Bachar al-Assad et l’armée russe. Une délégation composée des députés français Cécile Duflot (écologiste), Hervé Mariton (LR) et Patrick Mennucci (PS), qui souhaitait se rendre ce lundi en Syrie pour alerter sur la situation humanitaire syrienne, s’est retrouvée bloquée à la frontière turque à la mi-journée.

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Cécile Duflot, déçue mais visiblement très déterminée, n’entend pas en rester là. Avec les autres membres de sa délégation, elle espère que la communauté internationale « va enfin ouvrir les yeux ». Interview avec la députée écologiste, actuellement bloquée entre Kilis et Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie.

Votre voyage va malheureusement s’arrêter à Gaziantep. Vous n’êtes pas trop déçue ?

On s’est présenté ce matin à pied à la frontière, et on a tout bonnement été refoulés ! Tout cela avec une très grande fermeté, et sans nous donner aucun motif. Alors même que des engagements avaient été pris de l’autre côté de la frontière. Mais notre message n’en est pas moins fort. Nous sommes là avant tout pour aider les civils, la population qui fuit les bombes au quotidien. Et pour dénoncer ce crime contre l’humanité qui est en train de se dérouler sous nos yeux sans que la communauté internationale ne réagisse !

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Votre délégation hétéroclite, composée notamment d’Hervé Mariton (LR) et Patrick Mennucci (PS), a-t-elle assez de « poids » pour alerter la communauté internationale ?

Ne rien faire, c’est ce qu’il y a de pire ! Alors oui, j’entends déjà les donneurs de leçons se moquer de la composition de notre délégation, mais au moins, nous, nous essayons de faire bouger les choses ! Quand le maire d’Alep-est nous a invités à venir, seule une petite vingtaine de parlementaires sur plus de 800 ont répondu. Et nous ne sommes que trois à avoir accepté. Alors les critiques, je m’en fiche ! On est là pour aider des gens dans le besoin. La France fait entendre sa voix dans le conflit syrien. Il s’agit de sauver des familles, des femmes, des enfants… Vous savez, il reste encore plus de 100.000 civils bloqués à Alep-est. Il faut absolument négocier un cessez-le-feu pour permettre la mise en place d’un corridor humanitaire. Et cela ne prendrait que 24 heures…

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Comment vivent les gens que vous avez croisés ?

C’est terrible ici. Nous avons visité tout à l’heure un centre de soins dans un camp de réfugiés. Et l’urgence est grande. Rien qu’hier, les civils d’Alep-est ont reçu des bombes au chlore, c’est vous dire la gravité de la situation. Et des gens meurent inlassablement tous les jours. Il y a vraiment urgence à agir !