Une déclaration surprise aux contours encore flous, qui vient enrichir la légende de Donald Trump. Le président élu américain, actuellement en pleine tournée de remerciements dans les Etats qui l’ont élu, a annoncé mardi un investissement japonais de 50 milliards de dollars aux Etats-Unis, avec 50.000 emplois à la clé. Mais qu’en est-il précisément ? 20 Minutes fait le point.

L’annonce devant la presse

La scène s’est déroulée mardi dans le hall de la Trump Tower, où le président élu raccompagnait après un entretien de 45 minutes son interlocuteur, le milliardaire Masayoshi Son, PDG du géant des télécommunications nippon Softbank. « Mesdames et messieurs, voici Masa de SoftBank au Japon, et il vient d’accepter d’investir 50 milliards de dollars dans l’économie américaine et 50.000 emplois », lance Donald Trump à la presse. Sur Twitter, il ajoutera, un rien vantard : « Masa a dit qu’il n’aurait jamais fait ça si nous (Trump) n’avions pas remporté l’élection ».

En guise de confirmation de son engagement, le PDG a brandi la version imprimée d’une présentation PowerPoint ou l’on pouvait voir le logo de SoftBank et celui du groupe de technologie taïwanais Foxconn, avec ces mots : « s’engage à investir 50 milliards de dollars + 7 milliards aux Etats-Unis, crée 50.000 + 50.000 nouveaux emplois aux Etats-Unis dans les 4 ans ».

D’où vient cet argent ?

Interrogé par le Wall Street Journal, Masayoshi Son a précisé que l’argent viendrait du fonds d’investissement qu’il a créé mi-octobre. Le SoftBank Vision Fund, qui sera géré par une filiale basée au Royaume-Uni, recevra d’abord de SoftBank au minimum 25 milliards de dollars en cinq ans, avait alors précisé le groupe du milliardaire nippon.

Pourraient s’y ajouter jusqu’à 45 milliards de dollars apportés par le fonds souverain d’Arabie saoudite, Public Investment Fund, avec lequel SoftBank a signé une lettre d’intention peu avant l’annonce. SotfBank disait alors espérer attirer d’autres investisseurs de premier plan pour arriver aux 100 milliards.

Et les 50.000 emplois annoncés ?

C’est le point le plus flou. Masayoshi Son, dont le groupe a racheté en partie le quatrième opérateur américain de services mobiles, Sprint, pour plus de 20 milliards d’euros en 2012, a précisé aux journalistes que les emplois allaient être financés par le biais d’investissements dans des start-up. Mais aucun élément n’a été donné sur le calendrier. On ne sait pas non plus si l’argent ira à des entreprises qui embaucheront ensuite 50.000 nouveaux employés, ou à des entreprises qui emploient déjà 50.000 personnes.

D’après les informations données par les deux milliardaires, le généreux investissement du Japonais ne semble pas avoir été décidé soudainement, ni par la seule force de persuasion de Donald Trump. Alors qu’il présentait en 2010 un plan de croissance de son entreprise pour les 300 prochaines années, rien que ça, Masayoshi Son envisageait déjà d’investir dans 5.000 entreprises d’ici à 2040.

Une bonne opération de com'

En tout cas, l’opération est bénéfique à l’image du président élu, malgré l’absence de détails concrets. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre parmi les partisans du prochain président, qui avait également annoncé la semaine dernière avant un meeting un accord surprise avec un fabricant américain de climatiseurs, Carrier, pour annuler la délocalisation d’une usine au Mexique.

« Vous avez vu ce qu’il se passe depuis deux semaines, et encore, on n’est même pas encore en poste ! » a lancé Donald Trump à des milliers de partisans dans une grande salle à Fayetteville, en Caroline du Nord, la deuxième étape de sa tournée de remerciement engagée la semaine dernière. « Ce genre d’engagements donnent le beau rôle à Trump, et c’est la monnaie qu’il semble apprécier le plus », juge l’analyste Jan Dawson.