Brésil: Accusé de détournements de fonds, le président du Sénat est maintenu en poste

JUSTICE Malgré la décision d’un juge de la Cour suprême, le sénat brésilien ne désavoue pas son président…

20 Minutes avec AFP

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Le président du Sénat, Renan Calheiros, s'exprime à propos de la décision prise par les députés de procéder à la destitution de la présidente Dilma Roussef, à Brasilia, le 19 avril 2016

Le président du Sénat, Renan Calheiros, s'exprime à propos de la décision prise par les députés de procéder à la destitution de la présidente Dilma Roussef, à Brasilia, le 19 avril 2016 — EVARISTO SA AFP

Le Sénat brésilien a bravé mardi la décision d’un juge de la Cour suprême en annonçant qu’il maintenait dans ses fonctions son président Renan Calheiros, officiellement accusé de détournements de fonds publics. Le bureau exécutif du Sénat a dénoncé la décision « monocratique » de ce juge du Tribunal suprême fédéral, Marc Aurelio Mello, qui avait suspendu lundi de ses fonctions avec « effet immédiat » le troisième personnage de l’Etat, quatre jours après sa mise en accusation par la haute juridiction.

Dans une décision officielle signée par ses membres, le bureau du Sénat a souligné qu’il n’entérinerait cette mesure que si elle était confirmée par la majorité des juges de la Cour suprême. « On ne prévoit pas de succession à la présidence du Sénat », a-t-il ajouté.

Des dizaines de parlementaires mis en cause

Renan Calheiros s’est dernièrement illustré en prenant la tête d’une fronde parlementaire contre les procureurs et le juge fédéral Sergio Moro chargé du dossier Petrobras, déclenchant une crise institutionnelle d’une ampleur inédite entre le parlement et le pouvoir judiciaire.

Cette enquête mettant en cause des dizaines de parlementaires, dont le président du Sénat, tétanise d’autant plus la classe politique que le N°1 du BTP brésilien Odebrecht a conclu mercredi un accord de collaboration explosif avec les enquêteurs en échange de remises de peine. Des dizaines de milliers de Brésiliens ont manifesté dimanche pour défendre les magistrats anticorruption et s’opposer à toute modification de la législation visant à entraver leurs enquêtes ou à les museler.