Il y a comme un paradoxe. Vouloir la paix et « deux Etats démocratiques, Israël et Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité », comme l'a fait dimanche le président Bush, alors que l'entité palestinienne, depuis juin 2007 et le coup de force du Hamas sur la bande de Gaza, n'a jamais été aussi divisée, semble pour le moins illusoire. C'est en tout cas l'avis de Pénélope Larzillière, sociologue spécialiste du Proche-Orient et auteur d'Etre jeune en Palestine (Ed. Balland), qui pointe « le décalage total entre les discussions diplomatiques et le terrain ». Avec d'un côté Gaza, tombée aux mains des islamistes du Hamas, où la violence règne en maître, comme le 12 novembre dernier, lorsqu'une manifestation des membres du Fatah en mémoire de Yasser Arafat, l'ancien leader de l'Autorité palestinienne, se termine par un bain de sang. De l'autre, la Cisjordanie, territoire morcelé aussi depuis 2002 et le blocus israélien. Au milieu, Mahmoud Abbas, qui peine à imposer sa légimité. Pour lui, plus encore que pour les autres dirigeants arabes, rentrer les mains vides d'Annapolis, risque de coûter très cher.