Non seulement l'industrie pharmaceutique ne permet pas à des millions de pauvres d'avoir accès aux médicaments, mais en plus, elle se prive d'un formidable marché. C'est en substance ce qu'affirme le rapport « Investing for life » de l'ONG Oxfam International, publié aujourd'hui. Les auteurs ont étudié les pratiques des douze plus grandes entreprises pharmaceutiques, dont Merck, Pfizer, GlaxoSmithKline, Roche ou Sanofi-Aventis. Ils affirment que « l'industrie pharmaceutique n'assure pas un accès universel aux médicaments parce qu'elle refuse d'en faire l'élément central de son modèle économique ».
Une stratégie « moralement condamnable » mais aussi « inefficace » sur le plan commercial, selon Oxfam, qui rappelle que « 15 % des populations riches consomment plus de 90 % des produits pharmaceutiques ». Robert Sebbag, vice-président chargé de l'accès aux médicaments à Sanofi-Aventis, le reconnaît : « Il y a un marché potentiel dans les pays émergents », même s'il ne l'évalue qu'à « plusieurs dizaines de millions d'euros ». Selon lui, en permettant aux pays du Sud d'avoir accès aux médicaments, « tout le monde est gagnant ».