Les secours s'activent à Medellin, Colombie, pour retrouver des survivants au crash le 29 novembre 2016.AP Photo/Luis Benavides
Les secours s'activent à Medellin, Colombie, pour retrouver des survivants au crash le 29 novembre 2016.AP Photo/Luis Benavides - Luis Benavides/AP/SIPA

Un drame auquel ont survécu six personnes. Les questions affluent après le crash ce lundi d’un avion transportant 81 personnes qui a fait 75 morts. L’occasion pour Xavier Tytelman formateur en Aéronautique, au Centre de traitement de la peur de l’avion et auteur de l’ouvrage Je n’ai plus peur de l’avion, de revenir sur les raisons qui expliquent qu’il y ait des rescapés lors de crash.

Le crash de Colombie doit-il nous faire peur ?

Dans l’absolu, non car c’est le 4eme crash mortel de l’année. Et ce, alors que 3,3 milliards de voyageurs prennent l’avion chaque année. C’est la forte médiatisation de ces accidents qui les rendent spectaculaires et c’est parce qu’ils sont très rares qu’on en parle tant.

Quelles sont les causes les plus fréquentes de crash ?

Ils peuvent toucher les compagnies qui sont sur listes noires. Dans ce cas-là, ils peuvent arriver en raison d’un défaut de maintenance de l’avion ou parce que les pilotes ont été mal formés. Dans les pays occidentaux, les crashs n’existent pour ainsi dire plus, et ce sont principalement les atteintes à la sûreté de l’avion, via un attentat (Egypte), l’envoi d’un missile sur l’appareil (Ukraine) ou lors d’un crash suicide ( Germanwings) qui sont en cause ces dernières années.

Dans la plupart des crashs, tous les passagers et l’équipage perdent-ils la vie ?

Non, c’est le contraire. Dans les accidents aériens mortels (c’est-à-dire comptant au moins un mort) ayant eu lieu entre 1971 et 2006, le taux de survie des passagers était de 60 %, comme l’a montré une étude réalisée par Popular Mecanics. Et le constat est le même pour l’année 2013 par exemple : les avions ayant connu des accidents mortels transportaient 517 passagers au total, et « seulement » 165 d’entre eux ont perdu la vie, un taux de survie de 68 %.

Le fait qu’il y ait des survivants s’explique-t-il par la sophistication de plus en plus grande des avions ?

En partie. Car la carcasse des avions est très solide et encaisse les chocs. Quand l’avion tombe au sol, il peut brûler, mais n’explose pas systématiquement. Et les avions actuels sont conçus pour que les passagers puissent évacuer un avion en moins de 90 secondes, sans même utiliser la totalité des sorties de secours. Les ceintures de sécurité sont aussi très solides et parviennent à bien retenir les passagers.

Est-ce aussi parce que les pilotes ont davantage le temps de prévenir du danger et de réagir ?

Oui, par exemple en cas de panne de tous les moteurs, le pilote dispose d’une dizaine de minutes pour se poser. Il peut avertir les autorités de ce qui se passe, trouver un endroit pour amerrir et préparer les passagers. Le Samu et les pompiers sont ainsi prévenus de la zone dans laquelle ils vont devoir intervenir. Le pilote peut aussi réduire la vitesse verticale de l’avion à 40 km/heure afin de réduire l’intensité du choc quand l’avion tapera le sol.

Que doivent-ils faire dans ce cas-là ?

Il existe des positions spéciales pour moins subir le choc de l’avion. Le passager doit baisser sa tête sur ses genoux et mettre ses mains sur la tête, les pieds bien au sol. Il faut aussi écouter les consignes des hôtesses, notamment pour savoir comment ouvrir les portes.

Pourquoi certains passagers survivent-ils alors que d’autres périssent ?

 

Il y a tout d’abord une question de résistance physique qui joue. Certaines personnes périssent aussi parfois parce qu’elles n’ont pas respecté les procédures de sécurité. En général, le réflexe des passagers survivants après un accident est naturellement la fuite… Mais il y a par exemple, le cas d’un amerrissage dans lequel les passagers ont gonflé leur gilet de sauvetage à l’intérieur de l’avion au lieu d’attendre de se retrouver en dehors de l’appareil, ou celui d’un avion que les passagers refusent d’abandonner malgré un amerrissage réussi et les instructions claires de l’équipage. On a également des cas de passagers qui perdent du temps en essayant de récupérer leurs bagages ou qui restent trop près de l’avion en flamme après l’évacuation pour faire des prises de vues.

 

 

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