Paul Nuttall a été élu le 28 novembre nouveau leader de l'Ukip
Paul Nuttall a été élu le 28 novembre nouveau leader de l'Ukip - Ian Hinchliffe/Shutters/SIPA

L’Ukip a désormais un nouveau leader. Paul Nuttall a été élu ce lundi à la tête du parti anti-immigration et pro-Brexit, en remplacement du charismatique Nigel Farage, allié de Donald Trump.

Favori du vote, Paul Nuttall, qui fête ses 40 ans mercredi, a devancé les deux autres candidats, Suzanne Evans et John Rees-Evans, pour s’emparer des rênes de la troisième force politique britannique, qui a récolté 12,6 % des voix aux législatives de 2015.

Tenter de gérer l’après-Farage

« C’est un nouveau départ, nous allons rassembler le parti et en terminer avec les divisions », a lancé le nouveau chef aux militants réunis à Londres.

L’ancien leader adjoint au crâne chauve devient le troisième patron de l’Ukip en trois mois après la démission express en septembre de Diane James qui avait contraint Nigel Farage a revenir pour un bref intérim.

Miné par les divisions, en difficulté financière et en quête de sens après avoir accompli son rêve du Brexit, l’Ukip traverse une phase très difficile.

Divisions et défections

Le parti craint surtout d’être orphelin de son leader historique Nigel Farage, l’une des principaux artisans de la sortie de l’Union européenne qui a dit vouloir « récupérer sa vie » après la victoire du Brexit. Depuis, Farage s’est trouvé une nouvelle vocation en soutenant Donald Trump dans sa conquête de la Maison Blanche et en s’affichant ostensiblement à ses côtés.

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Loin de rebondir sur le succès au référendum du 23 juin, l’Ukip a jusqu’ici montré une totale incapacité à gérer l’après-Farage. Les divisions ont culminé lors de l’altercation entre deux de ses eurodéputés dans les couloirs du Parlement européen à Strasbourg qui a conduit à l’hôpital Steven Woolfe, un temps pressenti pour devenir leader.

L’intéressé a fini par claquer la porte de l’Ukip en octobre. D’autres défections ont ramené le nombre d’eurodéputés de l’Ukip de 24 à 20.

Difficultés financières

En outre, l’Ukip doit faire face aux accusations d’avoir financé, avec des fonds européens, sa campagne pour les législatives de mai 2015 et du référendum sur l’appartenance à l’UE.

Le Bureau du Parlement européen a réclamé le remboursement des fonds concernés tandis que la commission électorale britannique vient d’annoncer l’ouverture d’une enquête sur ces soupçons d’utilisation frauduleuse des deniers de l’UE.

Ce qui ne va pas arranger les finances du parti qui a vu plonger de 97 % le montant des dons reçus du public entre le 1er juillet et fin septembre par rapport au trimestre précédent (soit 42.943 livres contre 1,25 million de livres), selon des chiffres de la commission électorale.

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