Liberté sur Internet: 67% des internautes vivent sous la censure d'Etat

WEB Les gouvernements de 24 pays ont limité ou bloqué l’accès aux réseaux sociaux et à des outils de communication, contre seulement 15 l’an dernier…

20 Minutes avec agences

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Illustration des données personnelles sur Internet.

Illustration des données personnelles sur Internet. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

La liberté sur internet a décliné pour la sixième année consécutive en 2016. Selon un rapport publié lundi par l’organisation Freedom House, 34 des 65 pays évalués ont vu la liberté sur internet se détériorer depuis juin 2015. Les déclins les plus notables ont été enregistrés en Ouganda, au Bangladesh, au Cambodge, en Equateur et en Libye, tandis que Freedom House voit des améliorations au Sri Lanka, en Zambie et aux Etats-Unis.

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La Chine en tête du classement pour la deuxième année consécutive

Et la Chine est classée comme « le pire pays » pour la deuxième année consécutive, suivie par la Syrie et l’Iran. Freedom House critique en particulier une nouvelle législation chinoise qui punit de sept ans de prison la circulation de rumeurs sur les réseaux sociaux, une accusation souvent utilisée conte des activistes politiques.

A noter également que les gouvernements de 24 pays ont limité ou bloqué l’accès aux réseaux sociaux et à des outils de communication, contre seulement 15 l’an dernier. Ainsi, au global, Freedom House estime que 67 % des internautes vivent dans des pays qui censurent les critiques du gouvernement, de l’armée ou de la famille régnante.

WhatsApp restreinte dans 12 pays

L’organisation note également un nombre croissant de gouvernements restreignant ou censurant désormais des applications de messagerie en plus des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Telegram, etc.). WhatsApp est la plus touchée, avec des restrictions dans 12 pays.

« Les applications de messagerie peuvent répandre des informations rapidement et de manière sécurisée et certains gouvernements trouvent cela menaçant », précise Sanja Kelly, qui a dirigé l’étude avant d’ajouter : « Bien que le blocage de ces outils affecte tout le monde, il a un effet particulièrement négatif pour les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les communautés marginalisées qui dépendent souvent de ces applications pour contourner la surveillance gouvernementale. »

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Pas faux, puisqu’en 2016, les autorités de 38 pays ont déjà procédé à des arrestations sur la base de publications sur les réseaux sociaux, voire d’un simple partage ou « j’aime » sur Facebook durant l’année écoulée. Cela représente une augmentation de 50 % depuis 2013.