Condamnée à 200 coups de fouet pour avoir parlé de son viol collectif

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Publié le 22 novembre 2007.

ARABIE SAOUDITE - Une jeune femme de 19 ans a été jugée en appel...

Triple peine. Une jeune Saoudienne de 19 ans vient d’être condamnée en appel à 200 coups de fouet et six mois de prison par le tribunal de la ville d'Al-Qatif (est de l'Arabie saoudite). Son crime? Avoir osé parler de son viol collectif. En décembre 2006, la jeune femme avait accordé une interview à l’association Human Rights Watch, publiée en intégralité mercredi par la chaîne américaine ABC.

Dans la voiture d’un ex-boyfriend

La victime y raconte sa longue descente aux enfers après son viol par sept hommes. Ces derniers l’ont agressée alors qu’elle se trouvait dans la voiture d’un ex-boyfriend. Première «faute». L'Arabie saoudite est régie par les principes du wahhabisme, une interprétation très stricte de la charia. Les femmes, qui n'ont pas le droit de conduire, ne doivent pas se trouver en présence d'hommes qui ne sont pas de leur famille.

«Je voulais récupérer une photo de moi qu’il avait en sa possession. Il m’a dit qu’il ne me la rendrait que si je venais dans sa voiture», témoigne la jeune mariée. Alors qu’il la raccompagne chez elle, surgissent deux hommes en voiture, dont l’un armé d’un couteau. L’ex-petit ami leur ouvre la portière. Direction un quartier désert où la jeune femme se retrouve seule avec les deux agresseurs, puis trois, puis quatre... Au total, sept hommes la violent brutalement plusieurs fois. Deuxième «faute».

«Je ne sentais même plus mon corps», confie la jeune femme. Ils finissent par la raccompagner chez elle. Sa mère, en ouvrant la porte, lui dit simplement «Tu as l’air fatiguée.» Elle ne répond rien, s’enferme dans sa chambre et ne mange plus pendant une semaine. Petit à petit, ses agresseurs racontent ce qui s’est passé dans le quartier, «pour la déshonorer». Son mari finit par l’apprendre et le couple entame une procédure de divorce. «Quand mon frère l’a appris, il m’a frappé et a voulu me tuer», raconte encore la victime, dévidant le fil des horreurs qu’elle a subies.

90 coups de fouet en première instance

Le tribunal d'Al-Qatif la condamne à 90 coups de fouets pour s’être retrouvée avec un homme inconnu dans une voiture. Les violeurs, eux, écopent de peines allant de un à cinq ans de prison. L’avocat de la jeune femme, jugeant la sentence très légère dans un pays où le viol est passible de la peine de mort, fait appel du verdict devant le Haut Conseil judiciaire.

Mercredi dernier, le tribunal de Qatif a ainsi porté les condamnations à entre deux et neuf ans de prison pour les hommes, confisqué la licence de l’avocat et aggravé la sentence de la jeune femme. La cour a estimé qu’en racontant son histoire, la victime a tenté «d’envenimer la situation et d’influencer l’appareil judiciaire». Troisième «faute».
C. F.
Réaction
Hillary Clinton a dénoncé la condamnation de la jeune Saoudienne, critiquant le manque de réaction de la Maison Blanche. L'ex première Dame des Etats-Unis a appelé George W. Bush «à demander au roi Abdallah d'Arabie saoudite d'annuler les poursuites».
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