Trump élu président: Les enjeux d'une transition sous haute tension

ETATS-UNIS Le successeur d'Obama a deux mois pour mettre son gouvernement sur les rails...

Philippe Berry

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Donald Trump et Barack Obama à la Maison Blanche, le 10 novembre 2016.

Donald Trump et Barack Obama à la Maison Blanche, le 10 novembre 2016. — P.MARTINEZ/A/SIPA

Tic, tac, l’heure tourne. A 65 jours de son investiture du 20 janvier 2017, Donald Trump doit mettre les bouchées doubles pour constituer son gouvernement et pourvoir environ 4.000 postes. Après sa victoire surprise face à Hillary Clinton, les premiers jours ont été chaotiques, entre des manifestations qui continuent et des dissensions internes. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette passation de pouvoir.

Quand aura lieu l’investiture du président Trump ?

Le 45e président des Etats-Unis prêtera serment le 20 janvier, à Washington, devant le Capitole. Il sera formellement élu par le collège électoral le 19 décembre. En attendant son investiture, il est le « president elect Trump » (président élu). Obama, lui, est un « lame duck president », un canard boiteux, chargé de préparer le terrain à son successeur en attendant de pouvoir aller jouer au golf.

Combien de postes Trump doit-il pouvoir ?

Le gouvernement américain est resserré, avec une quinzaine de secrétaires (ministres). Mais au total, Donald Trump et son équipe doivent pourvoir près de 4.000 postes, avec environ un tiers qui doit être approuvé par le Sénat. Le ministère le plus fourni est la Défense (457 postes) devant les Affaires étrangères (401) et la Justice (339). Il faut également s’occuper de nombreuses agences gouvernementales (FBI, CIA, Nasa etc.).

Tensions dans l’équipe de transition

Le fidèle Chris Christie a été rétrogradé, et c’est désormais le vice-président Mike Pence qui supervise la passation du pouvoir, avec l’aide du gendre de Trump, Jared Kushner. Mardi, c’est le conseiller à la sécurité nationale, Mike Rogers, qui a claqué la porte. Selon CNN, la lutte interne entre les figures de l’establishement et les loyalistes de Trump est « à couteau tiré ».

Les premiers choix de Trump

Il souffle le chaud et le froid. Il a nommé Reince Priebus, jusque-là président du parti républicain, secrétaire général de la Maison Blanche, histoire de rassurer avec un choix consensuel. En revanche, il a fait de l’homme de l’ombre Steve Bannon un haut conseiller de son administration. Selon le Wall Street Journal, le patron controversé de Breitbart News, un site d’extrême droite qui a publié de nombreux articles racistes et sexistes, aura autant de pouvoir que Priebus. De nombreux démocrates ont critiqué ce choix, et le Conseil sur les relations islamo-américaines a prié Donald Trump de revenir sur la nomination « du nationaliste blanc Steve Bannon s’il veut unir les Américains ».

Rétropédalage sur l’immigration et la santé

Le mur qu’il avait promis ? Sur certaines portions « une barrière suffira », estime Trump. Les expulsions de masse des 11 millions de sans-papiers ? Il cite désormais le chiffre de « 2 millions de criminels » qui seront « expulsés ou emprisonnés ». La réforme de la santé d’Obama ne sera plus « annulée et remplacée » mais « amendée » – certaines mesures phares, notamment sur les conditions préexistantes, devraient être conservées.

La main tendue d’Obama

Il est loin le temps où l’administration Clinton avait piqué les touches « W » des claviers de la Maison Blanche avant l’investiture de George W. Bush. Obama a promis de « tout faire pour assurer la meilleure transmission possible du bâton » et il a appelé tous les Américains et les pays alliés à « donner une chance » à Trump, estimant que son successeur est « pragmatique » et pas un idéologue. Réponse dans deux mois.