PAKISTAN - C'est la première fois que l'ex-Premier ministre...
L'ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto a réclamé mardi pour la première fois la démission du président Pervez Musharraf, dans une série d’interviews avec des chaînes de télévision depuis la maison dans laquelle elle est assignée à résidence à Lahore (est).
«Nous affirmons que Musharraf doit partir. L'époque de la dictature est révolue», a déclaré Bhutto à
Sky News depuis le domicile d'un responsable de son parti dans la mégalopole de Lahore, encerclée par la police. «Musharraf doit partir. Il a perdu la confiance de la population du Pakistan», a répété l'ex-Premier ministre à la
BBC et à
CNN. «Il n'y a pas de circonstances selon lesquelles je pourrais me voir en train de servir avec le général Musharraf».
Attentat meurtrier il y a un mois
Un
mandat d'arrêt à domicile lui a été signifié dans la nuit pour l'empêcher d'organiser une «longue marche» de protestation contre l'état d'urgence instauré par Musharraf il y a dix jours. La police, qui a dépêché plusieurs milliers d'hommes sur place, a invoqué des raisons de sécurité, assurant que Bhutto faisait l'objet de menaces «précises et graves» d'attentat.
Elle avait déjà été la cible, le 18 octobre,
de l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, qui avait tué plus de 130 personnes, pour l'essentiel des partisans de son parti.
Elle a ajouté ne pas avoir connaissance de l'information donnée par Sky News selon laquelle le gouvernement tiendrait prêt à décoller un avion militaire pour la faire évacuer de force de Lahore. «Bien entendu, ils peuvent user de la force pour m'enlever, mais combien de temps peuvent-il maintenir un peuple dans le silence ?», a-t-elle lancé. «Ils peuvent emprisonner autant des nôtres qu'ils le souhaitent, il y en aura toujours d'autres qui se dresseront face à la tyrannie qui détruit le Pakistan», a-t-elle ajouté.
«Le Pakistan est mon pays»
Et quand la chaîne américaine CNN lui demande si elle quittera le Pakistan si on l'y contraint, elle a répondu: «Non, je ne partirai pas. Le Pakistan est mon pays».
Benazir Bhutto, rentrée le 18 octobre de 8 ans d'exil pour échapper à des accusations de corruption, est devenue l'un des leaders effectifs de l'opposition depuis qu'elle a annoncé lundi avoir rompu définitivement des négociations entamées il y a plusieurs mois avec le général Musharraf pour un futur partage du pouvoir.