Après le coup de force, la répression. Hier, les manifestations de protestations contre l'état d'urgence décrété samedi par le Président pakistanais, Pervez Mucharraf, ont été violemment réprimées, faisant plusieurs blessés et entraînant des dizaines d'interpellations. En trois jours, environ 1 500 personnes, pour l'essentiel des avocats, des magistrats, des responsables et des militants de partis politiques, ont été arrêtées ou assignées à résidence, selon des sources policières concordantes. Officiellement, ce sont les terroristes islamistes, coupables d'une vague d'attentats sans précédent ces quatre derniers mois, qui étaient visés par les mesures d'urgence de l'exécutif.
Dans le même temps, le pouvoir a promis hier de maintenir les législatives à la mi-janvier ou à une date proche. « Les élections législatives et provinciales auront lieu selon le programme prévu », a déclaré le Premier ministre, Shaukat Aziz. Au lendemain de l'état d'urgence, le gouvernement laissait pourtant plutôt présager une suspension du processus pour au moins un an. Mucharraf se sera sans doute laissé convaincre par Washington, son principal bailleur de fonds, qui voit d'un très mauvais oeil cette reprise en main du pouvoir. De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé hier les autorités pakistanaises à libérer les personnes arrêtées et à agir sans tarder en vue d'un retour à la démocratie.
Sur 20minutes.fr
Lire l'interview d'Olivier Guillard, spécialiste du pays