La Maison Blanche ne veut pas gracier Edward Snowden

ETATS-UNIS De nombreuses voix tentent de faire pression sur Barack Obama...

P.B. avec AFP

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Capture d'écran du site PardonSnowden.org, qui réclame une grâce pour Edward Snowden.

Capture d'écran du site PardonSnowden.org, qui réclame une grâce pour Edward Snowden. — DR

C'est toujours non. Alors qu'une nouvelle pétition a été lancée pour qu'Obama offre sa grâce présidentielle à Edward Snowden, la Maison Blanche n'a pas changé son refrain: l'ancien consultant de la NSA doit rentrer aux Etats-Unis pour être jugé.

«Son attitude a mis des vies américaines en danger. Il devrait rentrer aux Etats-Unis pour répondre des très graves poursuites dont il fait l'objet», a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, réaffirmant la position de l'administration Obama depuis le début de l'affaire.

Bernie Sanders appelle à la «clémence»

Principal élément de cette campagne lancée dans les derniers mois de l'administration Obama: une pétition en ligne sur pardonsnowden.org, déjà paraphée par de grands avocats et des personnalités comme l'actrice engagée Susan Sarandon ou encore le chanteur Peter Gabriel. Le cofondateur d'Apple, Steve Wozniak, a, lui, qualifié Snowden de «héros» pour avoir alerté l'opinion sur le programme d'espionnage de la NSA.

L'ancien candidat à l'investiture démocrate pour la Maison Blanche, Bernie Sanders, a, de son côté réclamé dans un tweet mercredi soir une «forme de clémence» pour Snowden. «Il a enfreint la loi», relève le sénateur du Vermont, qui souhaite toutefois une forme de plaider coupable permettant au jeune homme qui s'est enfui en Russie «d'éviter une longue peine de prison ou un exil permanent».

«Pas un lanceur d'alerte»

Ancien consultant de la très secrète agence de renseignements NSA, qui dévoila à des journalistes en 2013 l'ampleur du réseau de surveillance électronique américain mis en place après les attentats du 11 septembre 2001, Edward Snowden risque 30 ans de prison aux Etats-Unis pour espionnage.

«M. Snowden n'est pas un lanceur d'alerte», a martelé le porte-parole de la Maison Blanche, assurant qu'il existait un processus spécifique qui permet aux lanceurs d'alerte «d'exprimer leurs inquiétudes» tout en protégeant «les secrets de sécurité nationale des Etats-Unis».

En juillet, la Maison Blanche avait opposé une fin de non recevoir à une première pétition rassemblant plus de 160.000 signatures. Mais Anthony Romero, directeur exécutif de l'ACLU, puissante association américaine de défense des libertés, s'est dit mercredi convaincu que cette position pouvait «changer avec la réaction du public» et une signature massive de la pétition.

L'ACLU s'est d'ailleurs offert une pleine page de publicité dans le Washington Post mercredi pour appeler au pardon d'Edward Snowden, avec notamment un grand portrait du jeune homme qui tient contre son visage ce qui semble être un drapeau américain. «Edward Snowden s'est battu pour notre liberté. Il est temps qu'il puisse bénéficier de la sienne», peut-on lire.