Un an après l'ouverture aux réfugiés, Angela Merkel menacée par l'extrême droite sur ses terres

ELECTIONS Le Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est) renouvelle dimanche son Parlement régional...

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel

Angela Merkel — Johannes EISELE / AFP

Un an après la décision d'Angela Merkel d'ouvrir l'Allemagne aux réfugiés, le Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est) renouvelle dimanche son Parlement régional, un scrutin qui pourrait voir les populistes de l'AfD doubler le parti de la chancelière.

Les électeurs de cette région de l'ex-RDA communiste ont commencé à voter à 08h00 (06h00 GMT) et les bureaux de vote doivent fermer à 16h00 GMT. Peu après de premières projections de résultats doivent être publiées.

La problématique de l'intégration du million de demandeurs d'asile arrivés l'an dernier a monopolisé la campagne électorale dans cet État-région de l'ex-RDA communiste, offrant un terrain fertile aux populistes anti-immigration de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), partis pour réunir entre 20 et 25% des voix.

Au plus bas dans les sondages

Même si seuls quelques milliers de réfugiés sont installés dans le Mecklembourg, «la politique migratoire a provoqué un grand sentiment d'insécurité chez les gens», explique à l'AFP Frieder Weinhold, candidat CDU à Wismar, ville de 42.000 âmes sur la Baltique.

«Je vote AfD. La raison principale, c'est la question des demandeurs d'asile», confirme un retraité de Ludwig. «Pour eux, il y a de l'argent, pas pour les retraites (...) Ca me met en colère».

Au plus bas dans les sondages -- seulement 44% lui font confiance pour un quatrième mandat --, la chancelière pourrait voir son propre parti, la CDU, dépassé par l'AfD à l'occasion de ce scrutin qui fait figure, avec celui de Berlin le 18 septembre, de répétition générale à un an des législatives.

Merkel fustige le vote populiste

En meeting samedi dans cet Etat régional où se trouve sa propre circonscription électorale, Mme Merkel a mis en garde contre le vote populiste, ces «gens qui provoquent mais qui n'ont rien fait pour ce Land».

Des électeurs entendent encore ce message. «Je veux renforcer l'union contre (l'extrême) droite (...) Sur l'AfD je n'ai qu'une chose à dire: la colère conduit à de mauvaises décisions», relève Ulrike Zschunke, une orthophoniste de 31 ans.

Toute la semaine, la chancelière qui se trouve en Chine dimanche pour cause de G20 a multiplié ce type d'appels. Mais jusqu'à présent les sondages, placent l'AfD en deuxième position, devant la CDU.

Une «gifle» pour le SPD et la CDU?

Cette popularité croissante a d'ailleurs été jugée «effrayante» vendredi par le Conseil central des Juifs d'Allemagne. Dans la presse, on se fait déjà une raison. «Désormais l'Allemagne a ce qui n'avait jamais existé depuis la fin de la guerre (en 1945) : un parti d'extrême droite», regrette le quotidien Die Welt.

«Je m'attends à un score de jusqu'à 30% pour les mouvements identitaires AfD et (le parti néonazi) NPD, 25% pour le premier et 5% pour le second», prévient aussi Hajo Funke, professeur de sciences politiques à l'Université libre de Berlin, qualifiant l'AfD de «lame de fond».

Quant aux deux principales formations, le Parti social-démocrate (SPD) et la CDU, en coalition dans ce Land ainsi qu'au niveau fédéral, M. Funke leur promet une «gifle». Un sondage publié mercredi leur donne des scores respectifs de 28% et 20%, contre 35,6% et 23% en 2011.