Allemagne: Des emplois à 80 centimes de l'heure proposés aux réfugiés

ECONOMIE Le projet ne fait pas l'unanimité...

20 Minutes avec agence

— 

Des Allemands accueillent des réfugiés avec des pancartes "Bienvenue en Allemagne", à Dortmund, le 6 septembre 2015.

Des Allemands accueillent des réfugiés avec des pancartes "Bienvenue en Allemagne", à Dortmund, le 6 septembre 2015. — Martin Meissner/AP/SIPA

Dans le but de faciliter l’intégration des migrants récemment arrivés dans le pays, l’Allemagne a annoncé son intention de leur proposer des emplois rémunérés 80 centimes de l’heure.

Le recrutement a déjà commencé et le gouvernement a l’intention de créer 100.000 postes de ce type au cours des trois prochaines années.

>> A lire aussi : «Ils peuvent commencer dans 3 mois!»: à Berlin, contacts prometteurs entre réfugiés et employeurs

1,05 euros de l’heure pour les Allemands

En aidant les réfugiés à améliorer leur maîtrise de l’allemand et à mieux connaître le pays à travers le monde de l’entreprise, le ministère fédéral du Travail espère ainsi que « les réfugiés qui restent en Allemagne (ne deviendront pas) des chômeurs de longue durée ».

Des postes à très faible rémunération sont d’ailleurs déjà proposés aux personnes sans emploi depuis longtemps en Allemagne, mais ces travailleurs perçoivent, eux, 1,05 euros de l’heure. Pour le gouvernement, le fait que les réfugiés soient employés dans les centres qui les hébergent justifie la différence puisqu’il n’y a pas de frais de transport ou de logement. Les personnes concernées ne peuvent de toute façon pas prétendre à un autre type d’emploi sans documents en règle.

>> A lire aussi : Allemagne: le compte bancaire, l'autre sésame d'intégration pour les réfugiés

« Ce n’est ni un salaire ni un vrai travail »

Peu sensible à ces arguments, l’opposition dénonce un marché de l’emploi à deux vitesses. « Les réfugiés ne pourront exercer que des activités très éloignées du véritable marché du travail allemand. [La ministre du Travail] veut absolument créer 100.000 jobs à 80 centimes, […] voilà pourquoi les réfugiés doivent travailler pour moins cher encore que les chômeurs de longue durée », déplore ainsi Brigitte Pothmer, députée des Verts, citée par France Bleu.

Pour Gudrun Heute-Bluhm, directrice générale de l'association des villes allemandes, la comparaison n’a pas lieu d’être puisque « ce n’est ni un salaire ni un vrai travail, mais […] plutôt un travail d’utilité publique ».