Quels intérêts politiques y a-t-il derrière l'affaire de L'Arche de Zoé?

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Publié le 29 octobre 2007.

TCHAD - Pour 20minutes.fr, des spécialistes analysent lees enjeux stratégiques…

L'affaire de L'Arche de Zoé peut-elle être utilisée par le président tchadien Idriss Déby afin d'en «faire un élément de pression», comme le craint ouvertement François Hollande? «Oui, répond un très bon connaisseur de la région souhaitant rester anonyme, joint par 20minutes.fr. C'est une façon pour lui de se placer en victime alors qu'il est fragilisé sur la scène intérieure tchadienne.»

En décembre 2006, le président tchadien a en effet signé un accord de paix à Tripoli, en Libye, avec l’ex-mouvement rebelle tchadien du FUC. En mars, Mahamat Nour Abdelkerim, l'un des chefs du FUC, est devenu ministre de la Défense. Mais, souligne le spécialiste, «la présence de ses hommes dans la capitale N'Djamena n'est pas pour rassurer un président qui sait, pour en avoir mené, que le Tchad n'est pas à l'abri de coups d'Etat militaires».

Déstabilisation

Autre objet de déstabilisation pour l'actuel gouvernement: l'envoi d'une force de 3.000 hommes - dont 1.500 Européens, principalement des Français - dans l'Est du pays pour y protéger les réfugiés du Darfour voisin. Seuls des contingents français étaient déjà présents jusqu'alors. «Comme son homologue Omar el-Béchir au Soudan, Idriss Déby s'est fait forcer la main. Car s'il y avait toujours moyen de s'arranger avec les alliés français, le gouvernement tchadien aura moins de liberté dans le cadre multilatéral imposé par cette nouvelle force.»

«L'envoi d'une force multinationale dans l'est du pays n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour Déby», estime au contraire une chercheuse spécialiste du Tchad qui souhaite également garder l'anonymat. «Les rebelles, localisés à l'est, ont plus à perdre de la présence d'une force étrangère que le gouvernement central.» Si elle est n'est donc pas convaincue, elle, qu'Idriss Déby cherche à instrumentaliser l'affaire de L'Arche de Zoé, elle reconnaît que l'alignement de Paris sur N'Djamena «n'est pas complètement dû au hasard». «Pour la France, Idriss Déby reste pour l'heure un atout pour la stabilité de la région. Il faut donc éviter de le déstabiliser.» Et s'aligner.
Alexandre Sulzer
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