Hillary Clinton lors de la convention démocrate le 25 juillet 2016
Hillary Clinton lors de la convention démocrate le 25 juillet 2016 - Andrew Harnik/AP/SIPA

Lundi soir, le premier jour de la convention démocrate a été marqué par les discours respectifs de Bernie Sanders et Michelle Obama. Mais aussi par le numéro de l’humoriste Sarah Silverman et le Bridge Over Troubled Water de Paul Simon (sans Garfunkel). Deux des nombreux artistes qui soutiennent Hillary Clinton et qui s’afficheront à ses côtés cette semaine à Philadelphie. La liste est longue : Lady Gaga, Snoop Dogg, Alicia Keys, Lenny Kravitz, Katy Perry, Fergie, Lena Dunham, Eva Longoria, Chloë Moretz, etc.

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Soft power

Pourquoi la future candidate démocrate s’entoure-t-elle d’autant de stars, de people ? « C’est le rôle de la culture populaire, de ce qu’on appelle le soft power, explique Marie-Cécile Naves, sociologue, politologue et spécialiste des Etats-Unis. Elle touche ainsi plus de gens, hors du cercle politique, et plus particulièrement les jeunes, les minorités. A l’image d’une Beyoncé au message politique, engagé, féministe. » Et au passage, elle dédramatise le jeu politique.

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Trump et ses « ringards »

En face, si Donald Trump mobilise les médias, il a plus de mal avec les personnalités. « Le monde de la culture s’est colorisé, diversifié, et il a toujours plus penché à gauche, comme en France », éclaire Marie-Cécile Naves. Il suffit de regarder quelles « stars » le milliardaire a réussi à mobiliser lors de la convention du Parti républicain à Cleveland: Scott Baio des séries Happy Days et Charles s’en charge, la vedette de soap opera et de real-tv Antonio Sabàto Jr. et Stephen Baldwin, frère d’Alex et acteur de seconde zone. En résumé : « Des ringards ».

« Ce n’est pas comme Clint Eastwood avec Mitt Romney en 2012, continue la docteure en science politique de l’université Paris-Dauphine. Même si certaines stars peuvent partager les idées de Trump, elles n’oseront jamais les adressées en public. Il stigmatise les minorités latino, LGBT… et donne plus envie à ses contradicteurs de s’exprimer. »

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Qualitatif et quantitatif

Dans un autre contexte (les lois homophobes votées dans certains Etats, les violences raciales au cœur de l’actualité…), il n’y aurait peut-être pas eu autant de mobilisation, mais Donald Trump représente une perspective, une terreur, qui pousse les stars les plus engagés à prendre la parole, et à s’emparer des réseaux sociaux.

« Il y a la question du qualitatif, avec la sensibilisation des jeunes et des minorités, et celle du quantitatif avec le bruit médiatique qui s’en suit : les tweets, les notifications, etc. Plus on parle d’Hillary, mieux c’est. » Or, pour l’instant, cette logique a surtout profité à Donald Trump. En déficit d’image, Hillary Clinton a besoin de cette convention démocrate, et people, « pour apparaître plus funky, plus moderne ».

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