Les «nonistes» s’accrochent. Alors que le sommet européen qui s’ouvre jeudi soir à Lisbonne, au Portugal, pourrait aboutir sur un traité européen simplifié, les opposants à une révision de la Constitution européenne montrent les dents. A commencer par Jean-Pierre Chevènement. «Le président de la République a-t-il le droit de faire ratifier par le Parlement un traité reprenant l'essentiel d'une Constitution qui a été rejetée par référendum par le peuple français?» s'interroge-t-il, jeudi matin, dans une interview au «Parisien».
Aussi complexe que la Constitution de 2005
Selon lui, le nouveau texte n'est pas un traité simplifié, c'est un texte qui «compte 256 pages de modifications aux traités de Rome et de Maastricht» et qui est d'«une complexité effarante». «Il est totalement inaccessible». «Toutes les critiques qui étaient faites à la Constitution (en 2005, ndlr) peuvent l'être au traité simplifié», résume-t-il.
Pour Jean-Pierre Chevènement, ce nouveau texte doit, comme l’ancien, se plier à l’approbation des Français, qui avaient rejeté la réforme de la Constitution, en 2005. «Seul le peuple peut revenir sur un référendum populaire», estime le président du MRC. Et d’ajouter: «Le président de la République n'a pas le droit d'interpréter seul la volonté du peuple français. C'est un véritable coup d'Etat!»
Pour un référendum
Et un sondage Harris, publié jeudi par le quotidien économique «Financial Times», semble lui donner raison. Selon ce sondage, une large majorité des électeurs de cinq pays majeurs de l'Union européenne sont en faveur d'un référendum sur le nouveau traité européen : 76% des Allemands, 75% des Britanniques, 72% des Italiens, 65% des Espagnols et 63% des Français.
Un autre sondage, Yougov, publié jeudi par le «Daily Telegraph» établit que 69% des Britanniques espèrent une consultation populaire. En Grande-Bretagne, la presse de droite et l'opposition conservatrice, eurosceptiques, ont lancé une féroce campagne en faveur du référendum.
Des 27 pays de l'Union européenne, seule l'Irlande, qui y est tenue par sa constitution, a prévu d'organiser un référendum, dont le résultat n'est pas assuré.