Le ciel s'éclaircit pour le sommet européen qui s'ouvre aujourd'hui à Lisbonne, au Portugal. Vedette du jour, le traité simplifié devrait être adopté par les vingt-sept membres de l'Union européenne, afin de remplacer la Constitution rejetée par la France et les Pays-Bas. A moins que la Pologne n'en décide autrement. Les jumeaux Kaczynski, chef de l'Etat et Premier ministre polonais, donnent des sueurs froides à leurs partenaires européens. Cette fois encore, ils entretiennent le suspense : accepteront-ils ou non le traité simplifié ? Le président de la Commission européenne, José Barroso, « parie » sur un accord. Mais les jumeaux se montrent d'autant plus vindicatifs que des élections législatives ont lieu dimanche en Pologne. Et le dernier sondage n'est pas réjouissant pour le parti conservateur des frères Kaczynski : il n'a que 32 % des intentions de vote, contre 46 % pour les libéraux.
« Leur attitude relève d'une stratégie électorale, analyse Krzystof Soloch, chercheur à l'Institut français des relations internationales. Il s'agit de montrer qu'ils défendront les intérêts de la Pologne jusqu'au bout pour regagner des électeurs. » Mais, au final, « ils céderont, estime Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Schuman, car les Polonais n'ont aucun intérêt à refuser d'adopter le traité. Ils seraient marginalisés. » Accouché au forceps lors du dernier sommet en juin, le traité simplifié doit permettre de sortir l'Union de la crise institutionnelle, notamment en améliorant l'efficacité du processus de décision, plus difficile à vingt-sept.