JUSTICE - Jean-Michel Louboutin, numéro 2 d'Interpol, justifie l'appel à témoins...
Interpol semble avoir fini par identifier le pédophile présumé
Christopher Paul Neil, aperçu en Thaïlande le 11 octobre dernier. Retour sur une traque menée à l’échelle internationale.
200 enfants abusés
L’enquête a démarré
il y a trois ans, quand la police allemande
a découvert la première les photographies de 200 enfants abusés sur Internet. Aux côtés de douzes d'entre eux, apparemment originaires du Vietnam et du Cambodge, figurait un homme au visage complètement flouté.
Les spécialistes allemands du Bundeskriminalamt (BKA) sont parvenus à obtenir des images exploitables et ont commencé leur traque.
Mais «tous les moyens d'investigation traditionnels ont échoué pour identifier cet homme», révèle à «20 Minutes» Jean-Michel Louboutin, directeur exécutif des services de polices d'Interpol.
C'est pourquoi
le 7 octobre dernier, l'organisation internationale de police criminelle diffuse les photos défloutées sur son site Internet pour lancer, de façon inédite, un appel à témoins. Interpol reçoit alors plus de 350 témoignages de particuliers venus du monde entier.
Le 15 octobre, l’organisation annonce avoir identifié l’homme en question, «grâce à cinq messages issus de trois continents différents, les Amériques, l'Europe et l'Asie», précise Jean-Michel Louboutin. Il s’agirait d’un Canadien de 32 ans, répondant au nom de Christopher Paul Neil et surnommé «Vico». Professeur d’anglais en Corée du Sud, il serait actuellement en Thaïlande. Une photo de lui - voir ci-dessus - a été prise par les caméras de surveillance de l’aéroport de Suvarnabhumi à Bangkok le 11 octobre.
Second appel à témoins
Interpol a lancé un second appel à témoins pour tenter, cette fois-ci, de localiser cet homme. Le procédé n'est pas sans poser questions. En effet, au fur et à mesure de la traque, Interpol n'a pas hésité à divulguer des informations relatives à l'identité du pédophile présumé alors que dans le même temps, ses services seraient en train de recueillir les preuves nécessaires à l'émission d'«un ordre de justice en vue d'un mandat d'arrêt». Mais si «Vico» n'est pas «Vico»... Il faudra tout recommencer.
C.F. et A.L.Goff