Irak: Cinq condamnés à mort exécutés après l'attentat meurtrier de Bagdad

IRAK L'attentat commis par Daesh juste avant la fin du ramadan a fait 213 morts...

M.C. avec AFP

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Bagdad (Irak), le 3 juillet. Des Irakiens inspectent les décombres après un attentat qui a fait au moins 213 morts le 2 juillet sur un marché de Bagdad.

Bagdad (Irak), le 3 juillet. Des Irakiens inspectent les décombres après un attentat qui a fait au moins 213 morts le 2 juillet sur un marché de Bagdad. — SABAH ARAR / AFP

Colère nationale. Les Irakiens fulminaient lundi contre leur gouvernement après son échec à empêcher un attentat suicide de Daesh qui a fait plus de 200 morts à Bagdad, le pire qu’ait connu leur pays depuis des années. Face à leur ire, et dans une tentative de soigner leur image, les autorités ont annoncé l’exécution de cinq condamnés à mort et l’arrestation de 40 djihadistes soupçonnés d’avoir préparé des attentats durant le ramadan.

Le bilan de l’attentat pourrait encore s’aggraver, les secouristes continuant de rechercher des corps au milieu des décombres des échoppes et des bâtiments détruits par l’explosion dimanche d’un véhicule piégé dans une rue bondée du quartier commerçant de Karrada.

Juste avant l’Aïd el-Fitr

Commise par le groupe extrémiste sunnite, l’attaque visait à faire un maximum de morts dans le quartier majoritairement chiite, où les badauds, au moment de l’explosion, se pressaient pour faire leurs courses avant la fête marquant la fin du mois sacré du ramadan.

Au lendemain de l’attaque, le ministère de la Justice a annoncé l’exécution de cinq prisonniers, sans préciser les crimes pour lesquels ils ont été condamnés à mort. Mais il a souligné vouloir montrer qu’il « continuait de punir sévèrement tous ceux qui ont les mains entachées de sang irakien ».

Retrait des détecteurs d’explosifs inefficaces

Après avoir promis de « punir » les responsables de l’attaque, le Premier ministre Haider Al-Abadi a annoncé le retrait des détecteurs d’explosifs dont l’efficacité avait été mise en doute et ordonné d’accélérer le déploiement d’un dispositif pour contrôler plus efficacement les véhicules aux entrées de Bagdad, où se pressent chaque jour des milliers de poids lourds et de voitures particulières.

Dans sa revendication, Daesh a indiqué que le kamikaze irakien avait visé un rassemblement de chiites, communauté musulmane majoritaire en Irak et considérée comme hérétique par le groupe ultraradical sunnite. Cette attaque démontre que Daesh reste capable de commettre des actions très meurtrières au cœur même de Bagdad malgré les revers militaires qu’il subit sur le terrain.

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