NOBEL - Portrait du nouveau prix Nobel de la Paix...
Avant de se voir distinguer en quelques mois de deux oscars et d’un prix Nobel de la Paix,
Al Gore, aurait pu faire carrière dans le one-man show: pendant des années, il a arpenté le monde en se présentant de cette phrase: « Hi, I'm Al Gore, and I used to be the next president of the United States.» (Bonjour, je suis Al Gore, et j’étais le futur président des Etats-Unis).
En effet, cinq ans et demi avant de se faire un nom dans la défense de l’environnement,
Al Gore trimballait plutôt une image de loser. Celle d’un ancien candidat à l’élection présidentielle (2000), battu par George W. Bush après un immense imbroglio en Floride.
«Père de l'Internet»
Auparavant, il avait passé huit ans comme vice-président. Plutôt fade à côté du flamboyant Clinton. Une grande œuvre tout de même, la mise en place de la «société de l’information» qui fait de lui un des «pères de l’Internet». (1)
Après sa défaite, alors que la presse se focalise sur son image de perdant, Al Gore se lance dans les affaires, mais pas n’importe lesquelles. Fasciné par «l’écologie de l’information», Al Gore lance Generation Investment Management qui investit dans des entreprises respectueuses de l’environnement. Al Gore gagne de l’argent, beaucoup, et passe peu à peu de l’image d’un politicien sans charisme à un bussinessman prophétique. Alors que son ancien adversaire George Bush passe pour le principal soutien des industries polluantes.
Blockbuster écolo
Point d’orgue, la diffusion du film «une vérité qui dérange», blockbuster écolo qui remporte deux Oscars, l'un de la meilleure chanson originale et l'autre du meilleur film documentaire. Dans la foulée, il est en tête d’affiche des deux concerts américains de «Live Earth», organisés cet été à Washington et New York, point d’orgue du mouvement de prise de conscience du réchauffement climatique.
Il demande aux spectateurs de prendre avec lui un engagement pour la planète, à la fois en faisant pression sur leur gouvernement pour des traités drastiques contre les émissions de gaz à effet de serre mais aussi en adoptant au quotidien des mesures concrètes. Même si certains points de son film sont battus en brèche, il apparaît comme le champion incontesté de la lutte contre le réchauffement climatique, une belle revanche pour
celui qui n’a pas encore complètement écarté l’idée de se représenter à la présidence des Etats-Unis.
(1) Il est fondateur de
Current.tv, une télévision en ligne par les internautes.
Pierre Koetschet