Attentats de novembre: Le père de la seule victime américaine attaque Twitter, Facebook et Google (Youtube)

JUSTICE Il reproche aux trois géants de Web de permettre aux organisations terroristes de diffuser leur propagande…

Clémence Apetogbor

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Le bar Le Carillon, à Paris, le 19 novembre 2015.

Le bar Le Carillon, à Paris, le 19 novembre 2015. — Frank Augstein/AP/SIPA

Nohemi Gonzalez, âgée de 23 ans, est décédée le 13 novembre à Paris. Reynaldo Gonzalez, son père, a porté plainte mardi en Californie contre Facebook, Twitter et Google, qu’il accuse de permettre « sciemment » aux organisations terroristes telles que Daesh de faire de la propagande, rapporte l’Associated Press (AP).

Un support matériel

Le père de la jeune femme, seule victime américaine de la tuerie, reproche aux trois géants de Web d’avoir permis à l’organisation de l’État islamique et ses sympathisants d’utiliser leurs outils sociaux pour attirer des membres, lever des fonds, et diffuser une « propagande extrémiste », selon la plainte déposée.

Pour ce père endeuillé, les réseaux sociaux sont responsables de l’endoctrinement des kamikazes qui ont fait 129 morts le 13 novembre 2015, dont 90 au Bataclan. Reynaldo Gonzalez estime également que les trois réseaux sociaux ont permis l’organisation matérielle des attentats.

La plainte ajoute qu’à la date de décembre 2014, Daesh avait 70.000 comptes Twitter dont au moins « 79 officiels » et poste « au moins 90 tweets par minute ».

« L’EI utilise Google (YouTube) et Facebook de la même manière », insiste la plainte qui demande des dommages et intérêts d’un montant non précisé.

« Pas de liberté d’expression » pour le terrorisme

« Il n’y a pas de liberté d’expression en ce qui concerne le terrorisme », a expliqué Altman, l’avocat de Reynaldo Gonzalez, cité par Le Parisien.

La procédure est sans fondement, ont estimé mercredi Facebook et Twitter dans des communiqués, a précisé AP. Les trois entreprises ont également cité leurs politiques internes contre les propos extrémistes. Twitter a notamment déclaré avoir « des équipes à travers le monde qui enquêtent sur les éventuelles violations des règlements, identifient les violations des codes de conduite et travaillent avec les autorités le cas échéant ».

Une première audience est prévue le 21 septembre au tribunal fédéral d’Oakland (nord de la Californie).