VIDEO. Les Américains pratiquent une «surveillance massive» au Japon, affirme Edward Snowden

JAPON Il accuse les Etats-Unis d'avoir fait voter par le Parlement nippon une loi « fondamentalement dangereuse pour la démocratie »...

M.C.

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Un policier japonais dans une gare avant la venue de Barack Obama, le 18 avril 2016.

Un policier japonais dans une gare avant la venue de Barack Obama, le 18 avril 2016. — YOSHIKAZU TSUNO / AFP

« Ils connaissent vos convictions religieuses. Ils savent qui vous aimez et qui sont vos amis. » Edward Snowden a mis en garde samedi contre la « surveillance massive » mise en place par les Etats-Unis sur l’ensemble des citoyens japonais, rapporte le Japan Times.

L’ancien consultant de la NSA, qui a vécu au Japon de 2009 à 2011, était à l’époque détaché par son employeur, le géant de l’informatique Dell, auprès de l’agence américaine de renseignement. « C’était notre boulot d’établir des schémas sur la vie de n’importe quel individu », a-t-il déclaré lors d’un symposium à Tokyo sur la surveillance dans les sociétés contemporaines. Il s’exprimait par vidéoconférence depuis la Russie, où il s’est réfugié en 2013, après avoir révélé l’ampleur des programmes de surveillance par les Etats-Unis.

« Autoritarisme rampant »

Une surveillance qui concernerait notamment le Japon, pays allié des Américains, selon le lanceur d’alerte. Toutes les informations saisies sur des téléphones portables ou des ordinateurs peuvent être interceptées légalement par les Etats-Unis, a-t-il lancé devant une assistance de plus de 200 personnes.

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Il a également cité l’exemple de la loi sur les secrets d’Etat adoptée par le Parlement nippon en 2013, qui prévoit des peines de prison y compris pour les journalistes qui enquêtent sur lesdits secrets, même sans le savoir. Cette loi est « fondamentalement dangereuse pour la démocratie », a-t-il estimé, fustigeant l’« autoritarisme rampant » de la société japonaise.

« Le rôle d’une presse libre dans une société ouverte n’est pas simplement de relayer la communication gouvernementale », mais de mettre en cause son autorité, a-t-il encore lancé. Dans une interview à l’hebdomadaire Sunday Mainichi publiée cette semaine, Edward Snowden avait jugé que cette loi sur les secrets d’Etat avait été introduite à la demande des Etats-Unis pour faciliter les activités d’espionnage de la NSA dans le pays.