Japon: Barack Obama à Hiroshima, 71 ans après la bombe atomique

JAPON Cette visite sans précédent doit permettre, espère Barack Obama, aux monde entier à ne pas perdre «le sens de l'urgence»...

M.C. avec AFP

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Barack Obama lors du G7 à Ise-Shima, au Japon, le 27 mai 2016.

Barack Obama lors du G7 à Ise-Shima, au Japon, le 27 mai 2016. — JIM WATSON / AFP

Une visite pour l'Histoire, sur un lieu de mémoire douloureux: Barack Obama, qui se rend vendredi à Hiroshima, est le premier président américain en exercice à visiter la ville japonaise, anéantie par une bombe atomique américaine en 1945.

Lorsqu'il foulera, en fin d'après-midi (fin de matinée, heure française), la vaste esplanade du Parc du mémorial de la paix, le président américain rendra hommage aux plus de 210.000 victimes japonaises du feu nucléaire, mais aussi, plus largement, à «tous les morts» de la Seconde guerre mondiale.

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Né 16 ans après le recours à cette «bombe cruelle» selon les termes de l'empereur Hirohito, Barack Obama devrait aussi évoquer sa vision, déclinée dès sa première année au pouvoir, d'un monde sans armes nucléaires. «Reposez en paix, nous ne répéterons pas cette tragédie»: cette phrase, inscrite sur le cénotaphe qui contient des dizaines de volumes où sont consignés les noms des victimes de la fournaise nucléaire, pourrait servir de trame à ses remarques.

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Ne pas perdre «le sens de l'urgence»

Le 44e président des Etats-Unis l'a clairement annoncé: il ne se rend pas sur place pour porter un jugement sur la décision prise par son lointain prédécesseur Harry Truman ou présenter des excuses sous une forme ou une autre. «C'est le rôle des historiens de poser des questions (...) mais je sais, étant moi-même président depuis sept ans et demi, que tout dirigeant prend des décisions très difficiles, en particulier en temps de guerre», a-t-il expliqué lors d'un entretien accordé à la chaîne publique japonaise NHK.

Truman a expliqué n'avoir pas eu «le moindre regret». Tous ceux qui lui ont succédé se sont gardés, lorsqu'ils étaient au pouvoir, de mettre en doute son choix (Dwight Eisenhower a, lui, fait part de ses réserves dans ses mémoires, des années plus tard). Cette visite sans précédent doit permettre, espère Barack Obama, aux monde entier à ne pas perdre «le sens de l'urgence» à mesure que l'on s'éloigne du traumatisme de Hiroshima et Nagasaki.

Au-delà des mots, les gestes, les émotions, les réactions du président américain seront scrutés à la loupe sur l'archipel lorsqu'il se rendra dans ce lieu de mémoire avec, en toile de fond, le squelette du «Dôme de la bombe atomique» (Genbaku domu), seul bâtiment resté debout dans ce périmètre malgré la puissance dévastatrice de la bombe A.