Environ 10 000 moines bouddhistes, soutenus par au moins autant de civils, ont manifesté hier à Rangoun, la capitale birmane, contre la junte militaire au pouvoir dans ce pays. Il s'agit du plus important défilé depuis le début d'un mouvement de protestation contre la vie chère, déclenché il y a cinq semaines par des opposants. D'autres manifestations ont été mentionnées hier à Magwe et à Mandalay, la deuxième ville du pays.
« Nous voulons la réconciliation nationale, le dialogue avec les militaires et la liberté pour (l'opposante) Aung San Suu Kyi et les autres prisonniers politiques », a lancé hier l'un des dirigeants de la manifestation de Rangoun, qui utilisait un mégaphone. Les moines, en robe couleur cannelle ou safran, défilaient pour la plupart pieds nus. « Nous marchons pour le peuple », scandaient-ils, appelant la population à se joindre à eux. Aucune arrestation n'avait été signalée hier soir. Néanmoins, un groupe de deux cents manifestants a été empêché de pénétrer sur l'avenue menant à la maison de l'opposante Aung San Suu Kyi.
La veille pourtant, les autorités avaient laissé un groupe d'opposants passer devant son domicile. Assignée à résidence depuis 2003, celle-ci est sortie en pleurant saluer les manifestants. L'événement, très symbolique dans ce pays dirigé par les militaires depuis 1962, témoigne de la pression à laquelle les autorités sont soumises depuis le début du mouvement de protestation, déclenché le 19 août, après l'augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun.
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