Des soldats français de l'opération Sangaris, en Centrafrique
Des soldats français de l'opération Sangaris, en Centrafrique - ISSOUF SANOGO / AFP

L’opération française Sangaris, qui a vu son contingent présent en Centrafrique divisé par deux en juin dernier, devrait prendre fin en 2016, a annoncé ce mercredi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

La mission de restauration de la sécurité des soldats déployés en Centrafrique est accomplie, après trois ans de sanglants affrontements intercommunautaires, a souligné le ministre.

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Un pays « en proie au chaos »

Lors de l’intervention française en décembre 2013, « le pays était en pleine guerre civile, déchiré par des tensions religieuses (entre chrétiens et musulmans), en proie au chaos, au bord de situations prégénocidaires » nées du renversement en mars de l’ex-président François Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane Séléka, a rappelé mercredi Jean-Yves Le Drian à Bangui.

« En l’espace de deux ans, la force Sangaris a réussi à ramener le calme et à empêcher l’inacceptable », a ajouté le ministre venu assister à l’investiture du nouveau président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, élu le 14 février.

« La fin d’une période de troubles »

« Bien sûr tout n’est pas résolu mais nous voyons enfin le pays sortir d’une longue période de troubles et d’incertitudes », a-t-il ajouté devant les forces françaises stationnées à l’aéroport M’Poko.

Dans un tel contexte, « je peux vous confirmer la fin de l’opération Sangaris dans le courant de l’année 2016 », a-t-il dit.

Un calendrier flou

L’opération lancée dans l’urgence avait mobilisé jusqu’à 2.500 soldats au plus fort des tensions. Elle compte encore 900 hommes en Centrafrique, un contingent qu’elle réduira progressivement au cours de l’année.

Le ministre français de la Défense n’a toutefois pas donné de calendrier précis de retrait.

La réduction des effectifs sera parallèle au renforcement de la « capacité réactive » de la force de l’ONU (Minusca, 12.000 hommes), qui devient le pilier sécuritaire dans le pays, et à la « montée en puissance » de la mission européenne de formation de l’armée centrafricaine (EUTM RCA), a précisé Jean-Yves Le Drian à l’AFP.

Certains soldats resteront sur place

A l’issue de Sangaris, environ 300 soldats français resteront en Centrafrique. Ils rejoindront la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique) pour en « garantir la robustesse » et participeront à la mission de l’EUTM RCA, a-t-il souligné.

Quelques éléments français continueront aussi à assurer la sécurité de l’aéroport. Les soldats français stationnés en Côte d’Ivoire et au Sahel seront par ailleurs « prêts à intervenir rapidement » si nécessaire, a souligné le ministre.

Une opération qui s’enlise ?

L’opération Sangaris devait initialement être de courte de durée, mais Paris a dû revoir ses objectifs à mesure que le conflit s’éternisait et le moral des troupes sur place s’était considérablement dégradé.

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Ces derniers mois, plusieurs allégations d’abus sexuels impliquant des soldats français et des Casques bleus contre des civils ont par ailleurs entaché le mandat des forces internationales en Centrafrique.

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