Photographie de Djamal Eddine Ouali publiée par la police italienne le 27 mars 2016.
Photographie de Djamal Eddine Ouali publiée par la police italienne le 27 mars 2016. - STR / AFP

L'Algérien Djamal Eddine Ouali, arrêté samedi près de Salerne (sud de l'Italie) dans le cadre d'une enquête liée aux réseaux terroristes de Paris et de Bruxelles, a été interrogé dimanche en prison mais a refusé de répondre, a-t-on appris de source judiciaire.

>> A lire aussi : Kamikazes, complices... Le point sur les dernières infos

A la fin de l'interrogatoire conduit par des magistrats du parquet de Salerne, le juge des enquêtes préliminaires a confirmé l'arrestation de l'Algérien de 40 ans jusqu'à sa prochaine extradition vers la Belgique.

Un autre homme recherché

L'interrogatoire s'est déroulé à la prison proche de Fuorni où Ouali avait été transféré dès samedi soir. Le prévenu, comme il en avait le droit, a refusé de répondre aux questions, a-t-on précisé de même source. L'audience judiciaire qui doit donner le feu vert à son extradition est prévue le 1er avril, a-t-on encore indiqué de source judiciaire.

Le préfet de police de Salerne, Alfredo Anzalone, s'est dit convaincu au micro de la chaîne Rai-Uno que «Ouali sera[it] extradé». En revanche, aucune confirmation n'a été donnée sur les recherches d'un autre homme qui aurait été en lien avec Ouali, des nouvelles contradictoires circulant sur l'existence de ce complice.

Mandat d'arrêt européen émis en Belgique

Djamal Eddine Ouali a été arrêté samedi dans la petite ville de Bellizzi, en Campanie, lors d'une opération conjointe du service central antiterroriste et de la division des opérations spéciales (DIGOS), a indiqué le communiqué de la police. Dans cette zone de plaine, beaucoup de saisonniers immigrés, notamment du Maghreb, viennent travailler dans les champs.

L'homme fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis en Belgique, dans le cadre d'une vaste enquête sur des documents falsifiés utilisés par les kamikazes de Paris et de Bruxelles et leurs complices. Il est soupçonné d'avoir fait partie d'un réseau criminel qui fabriquait de faux documents d'identité et favorisait ainsi l'immigration clandestine.

Un millier de photos numérisées saisies dans un repaire de faussaires

Les soupçons des enquêteurs locaux ont été éveillés quand ils ont étudié sa demande de permis de séjour déposée récemment auprès du service d'immigration de la préfecture de police. Un homme portant le même nom et appartenant à la même organisation faisait l'objet d'un avis de recherche international émis par la police belge le 6 janvier dernier. Son nom était apparu la première fois lors de perquisitions effectuées en octobre 2015 à Saint-Gilles, une banlieue de Bruxelles, a précisé la police italienne.

 

>> A lire aussi : Qui est Najim Laachraoui, le deuxième kamikaze de l'aéroport?

Un millier de photos numérisées avaient alors été saisies dans un repaire de faussaires. Parmi elles auraient figuré celles de trois terroristes qui appartenaient au groupe ayant planifié les attentats du 13 novembre dernier à Paris, dont Najim Laachroui, un des kamikazes de l'aéroport de Zaventem, selon les enquêteurs cités. La police italienne a contacté Interpol et a pu obtenir rapidement la confirmation qu'il s'agissait d'une même personne.

L'homme a été arrêté samedi alors qu'il se trouvait avec sa femme à un arrêt d'autobus. «Il ne s'attendait pas à être arrêté, il est en Italie depuis pas mal de temps, il a des parents ici et sa femme est sur le point d'accoucher», a affirmé Me Gerardo Cembalo, l'avocat commis d'office de Ouali à l'agence AGI.

Mots-clés :